23:18
Alia Vox - AV 9803 | Les Voix Humaines - Abel, Bach, Marais, Sainte-Colombe
The sound of the cello is often compared to the human voice but, as Jordi Savall proves on the riveting Les Voix Humaines, perhaps that analogy is better suited for another instrument, the viola da gamba. Switching between two viols (one dating from 1550, the other 1697), Savall makes solo Baroque works by Bach, Marin Marais, and Sainte-Colombe literally sing. As the gambist-conductor explains in the liner notes, a debate hit the music world in the 17th century that pitted melodic playing versus harmony. Though no conclusions were agreed upon, it's fascinating to hear the diverse styles--Italian versus French, melodic versus harmonic, etc.--that Savall presents us. His playing is soulful and thoughtful, never rushed, and the recorded sound intimate and precise. One of Savall's best discs (no small feat!) and a must-have for early-music lovers. --Jason Verlinde
Jordi Savall, viole de gambe
& . Date et lieu d'enregistrement : en janvier 1998 en la collégiale du Château de Cardonna (Catalogne), en mars 1998 à l'église de Saint Lambert des Bois (France) et en avril 1998 à Sion (Suisse)
& . Formats disponibles : 1 CD Classique
& . Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
& . Date de parution : 01/09/1998
RÉPERTOIRE :
Karl-Friedrich Abel (1723-1787) : Prélude en ré mineur
Johann-Sebastian Bach (1685-1750) : Allemande en ré mineur, BWV 1011 - Menuet I-II & Gigue en do majeur & mineur, BWV 1007 - Sarabande-double en sol mineur, BWV 1002 - Bourrée en sol majeur, BWV 1010
Johannes Schenk (1660-1712) : Aria Burlesca, en ré mineur
John Playford (1623-1686) : La Cloche, sarabande en fa majeur
Mr de Machy (1685-1692) : Prélude en ré mineur
Marin Marais (1656-1728) : Les voix Humaines en ré majeur - Sarabande à l'espagnol en mi mineur
Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782) : La Du Vaucel
Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Vivace
Tobias Hume (1569-1645) : Harke, harke, en sol mineur - Good againe, en sol majeur
M. de Caix d'Hervelois (1670/80-1760) : Plainte, en do majeur
M. de Sainte Colombe le fils (17e s.) : Prélude en mi mineur - Fantaisie en Rondeau, en sol mineur
Anonyme (v.1660) : The Lancashire Pipes, en mi majeur
Jordi Savall, viole de gambe
PRESENTATION :
Au moment où fleurissent chez son ancien éditeur les compilations composées d'enregistrements déjà parus, retrouvez ici Jordi Savall dans un enregistrement de 1998.
Au sommet de son art, en ne suivant que son bon plaisir, Jordi Savall offre aux amateurs un survol du répertoire de la viole de Gambe incluant essentiellement des pièces qu'il n'avait jamais enregistrées. Un grand disque. La voix unique de l'un des plus grands instrumentistes, de l'un des plus grands musiciens de notre temps.
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Alia Vox - AV 9803 | Les Voix Humaines - Abel, Bach, Marais, Sainte-Colombe
The sound of the cello is often compared to the human voice but, as Jordi Savall proves on the riveting Les Voix Humaines, perhaps that analogy is better suited for another instrument, the viola da gamba. Switching between two viols (one dating from 1550, the other 1697), Savall makes solo Baroque works by Bach, Marin Marais, and Sainte-Colombe literally sing. As the gambist-conductor explains in the liner notes, a debate hit the music world in the 17th century that pitted melodic playing versus harmony. Though no conclusions were agreed upon, it's fascinating to hear the diverse styles--Italian versus French, melodic versus harmonic, etc.--that Savall presents us. His playing is soulful and thoughtful, never rushed, and the recorded sound intimate and precise. One of Savall's best discs (no small feat!) and a must-have for early-music lovers. --Jason VerlindeJordi Savall, viole de gambe
& . Date et lieu d'enregistrement : en janvier 1998 en la collégiale du Château de Cardonna (Catalogne), en mars 1998 à l'église de Saint Lambert des Bois (France) et en avril 1998 à Sion (Suisse)
& . Formats disponibles : 1 CD Classique
& . Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
& . Date de parution : 01/09/1998
RÉPERTOIRE :
Karl-Friedrich Abel (1723-1787) : Prélude en ré mineur
Johann-Sebastian Bach (1685-1750) : Allemande en ré mineur, BWV 1011 - Menuet I-II & Gigue en do majeur & mineur, BWV 1007 - Sarabande-double en sol mineur, BWV 1002 - Bourrée en sol majeur, BWV 1010
Johannes Schenk (1660-1712) : Aria Burlesca, en ré mineur
John Playford (1623-1686) : La Cloche, sarabande en fa majeur
Mr de Machy (1685-1692) : Prélude en ré mineur
Marin Marais (1656-1728) : Les voix Humaines en ré majeur - Sarabande à l'espagnol en mi mineur
Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782) : La Du Vaucel
Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Vivace
Tobias Hume (1569-1645) : Harke, harke, en sol mineur - Good againe, en sol majeur
M. de Caix d'Hervelois (1670/80-1760) : Plainte, en do majeur
M. de Sainte Colombe le fils (17e s.) : Prélude en mi mineur - Fantaisie en Rondeau, en sol mineur
Anonyme (v.1660) : The Lancashire Pipes, en mi majeur
Jordi Savall, viole de gambe
PRESENTATION :
Au moment où fleurissent chez son ancien éditeur les compilations composées d'enregistrements déjà parus, retrouvez ici Jordi Savall dans un enregistrement de 1998.
Au sommet de son art, en ne suivant que son bon plaisir, Jordi Savall offre aux amateurs un survol du répertoire de la viole de Gambe incluant essentiellement des pièces qu'il n'avait jamais enregistrées. Un grand disque. La voix unique de l'un des plus grands instrumentistes, de l'un des plus grands musiciens de notre temps.
01:06
Whether or not you saw the film Tous les matins du monde, you owe it to yourself to either discover or revisit its soundtrack, which features the music of two great figures of 17th-century France: Saint Colombe and his pupil Marin Marais. Saint Colombe, about whom little is known, was a great viol player who was acclaimed for his improvisations. Marais became a member of the famed court orchestra under Lully (some of whose music also appears on the disc) at a very young age. One of the joys of this recording is the sound of the bass viol, an instrument rarely played by itself, especially in such a virtuoso manner. Jordi Savall is the undisputed modern master of the instrument, and he shows us why on this program. As an added bonus, two outstanding vocal pieces are sung with endearing purity, flawless technique, and impeccable intonation by two perfectly matched sopranos. --David Vernier
Tous les Matins du Monde
Edition du 10e Anniversaire
Montserrat Figueras,
Maria-Cristina Kiehr, sopranos
Fabio Biondi, violon - Christophe Coin & Jérôme Hantaï, basses de viole
Rolf Lislevand, théorbe - Pierre Hantaï, clavecin
Le Concert des Nations
Jordi Savall direction & basse de viole
& . Date et lieu d'enregistrement : Janvier, Mars, Avril et Août 2001
& . Date de parution : 26/11/2004
RÉPERTOIRE :
Bande originale du film de Alain Corneau - Direction musicale : Jordi Savall
Marche pour la cérémonie des Turcs (Jean-Baptiste Lully)
Improvisations sur les "Folies d'Espagne" (Marin Marais) : extraits
Prélude pour Mr. Vauquelin (Improvisation d'après le Prélude en sol mineur de Mr. de St. Colombe le fils)
Gavotte du Tendre (Mr. de Sainte Colombe)
Une jeune fillette (Mélodie populaire - Arrangement Jordi Savall)
Les Pleurs (Mr. de Sainte Colombe / version viole seule de Jordi Savall)
Concert à deux violes "Le Retour" (Mr. de Sainte Colombe)
La Rêveuse (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole)
Troisième Leçon de Ténèbres à 2 voix (François Couperin)
L'Arabesque (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole
Fantaisie en mi mineur (Arr. Jordi Savall d'après Mr.de Sainte Colombe le fils)
Les Pleurs (Mr. de Sainte Colombe, version à 2 violes)
Le Badinage (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole)
Tombeau pour Mr. de Sainte Colombe * (Marin Marais, 2e livre de Pièces de Viole)
Muzettes I - II (Marin Marais, 3e livre de Pièces de viole) *
Sonnerie de Ste. Geneviève du Mont-de-Paris (Marin Marais)
* Ces œuvres sont un complément à la musique du film
Montserrat Figueras,
Maria-Cristina Kiehr, sopranos
Fabio Biondi, violon - Christophe Coin & Jérôme Hantaï, basses de viole
Rolf Lislevand, théorbe - Pierre Hantaï, clavecin
Le Concert des Nations
Direction & basse de viole: Jordi Savall
PRESENTATION :
En novembre 2001, dix ans après le succès sans précédent de la musique du film "Tous les Matins du Monde" – près de un million d'exemplaires vendus –, Jordi Savall la rééditait sous son label Alia Vox, dans une présentation digipack de luxe pour marquer le 10e anniversaire de la publication de la bande originale. Trois ans plus tard, la voici en SACD, une manière privilégiée de revisiter un disque éternel.
Décembre 1991. Un événement secoue le monde du cinéma français : la sortie du film Tous les matins du monde. Un film intimiste dont l'actrice principale est... la musique, celle d'un maître oublié, Mr. de Sainte Colombe et de son disciple Marin Marais. Le film remporte immédiatement un succès inattendu et se classe pendant plusieurs semaines au box office entre deux puissantes « machines » du cinéma américain, Terminator 2 et Bernard et Bianca, période de Noël oblige ! La bande originale du film suit immédiatement la même progression, se retrouvant dans les «charts» et autres «tops» toutes catégories, derrière Queen et devant Michael Jackson...
Ce succès invraisemblable récompensait à juste titre le fruit d'une collaboration étroite entre trois grands artistes, amoureux de musique ancienne, ayant relevé le défi de la placer au centre d'un film : le réalisateur Alain Corneau, l'écrivain et scénariste Pascal Quignard et Jordi Savall, directeur musical et interprète de la bande originale. Le film remportera sept Césars — dont celui de la meilleure musique de film, attribué à Jordi Savall — et, comme la bande originale, il recevra de nombreux prix internationaux.
Cette vague ne s'arrêtera pas à la France : le film sera distribué dans quelques 50 pays et le disque se vendra à plus d'un million d'exemplaires, chiffre exceptionnel pour des ventes classiques et jamais atteint pour un disque de musique ancienne. Le nombre de mélomanes s'accroît soudain, tous découvrent Sainte Colombe, Marin Marais, Jordi Savall. Les jeunes se tournent vers la musique ancienne, toute une génération est marquée par cette découverte qui sort du jour au lendemain cette musique du cercle des «initiés».
Dix ans après, en novembre 2001, Alia Vox fêta dignement le retour de ce disque exceptionnel au sein de sa collection avec une édition spéciale « 10e anniversaire », à tirage limité. Outre la nouvelle présentation dans un luxueux digipack illustré de photos du film et du tournage, et son disque bonus, la bande sonore avait fait l’objet d’une remasterisation en haute définition, mais néanmoins limitée par la qualité offerte par le compact disc. Trois ans plus tard, Alia Vox est allé encore plus loin dans la qualité sonore en proposant, en cet automne 2004, une version SACD hybride multicanal qui a fait l’objet d’un travail des plus soigné, aussi bien pour la chaleur, la profondeur et la pureté du son DSD que pour la spatialisation en cinq canaux qui place l’auditeur au centre de l’espace musical.
Tous les matins du monde fait partie des projets qui ont marqué et marquent encore le monde du disque. La réédition au format SACD hybride multicanal donne une troisième vie à ce disque, lui apportant une dimension sonore nouvelle.
Tous les matins du monde reste un enregistrement plein de poésie, d’émotion et de fraîcheur, et cette version SACD permet de redécouvrir ce disque mythique dans les meilleures conditions techniques actuelles.
10 ANS APRÈS, PETITS EXTRAITS D'UNE REVUE DE PRESSE
L'instrumentiste est sans doute le plus grand : d'une finesse incomparable, d'une virtuosité transcendante, il a su rendre à chaque style sa grandeur. L'art de la viole est difficile entre tous, tant pour le compositeur que pour l'interprète, et peu sont parvenus à le maîtriser tout à fait. L'instrument rétif et facilement austère, d'une délicatesse qui frise la mièvrerie, limité dans sa puissance, il ne connaît aujourd'hui que quatre ou cinq virtuoses capables de la faire pleurer comme elle l'exige. Savall est le plus complet. Il a exploré sans faiblir un répertoire aussi vaste qu'inconnu.
Le Nouvel Observateur (France) / 12 décembre 1992
( ... ) Il ne manque plus que l'essentiel : la musique. C'est-à-dire la participation d'un homme sans qui le film serait impossible, le seul qui connaisse la musique de Sainte Colombe et de Marin Marais, le seul qui la joue, le seul qui l'ait enregistrée : le violiste espagnol Jordi Savall, le plus grand interprète au monde de ce répertoire. Il se joint au duo Quignard-Comeau : le tiercé gagnant.
L'événement (France) / 12 décembre 1992
Jamais l'histoire dramatique et belle racontée dans « Tous les matins du monde » n'aurait pu voir le jour sans l'aide de Jordi Savall. Jordi Savall qui a redonné à la viole de gambe ses lettres de noblesses et qui, le premier, a imposé les œuvres de Marin Marais et du Sieur de Sainte Colombe.
Télérama (France) / 18 décembre 1992
«Tous les matins du monde» est un chef-d'œuvre, un témoignage et une chance. Et c'est une chance pour la musique en général et pour la musique baroque en particulier. Il y a des décennies que des musiciens travaillent à la défendre : Savall, Quignard et Corneau démontrent aujourd'hui que ce n'est pas une musique pour initiés mais une grande musique pour grande audience. Tant mieux.
Cadences(France) / Février 1992
Mais c'est le jeu de Jordi Savall qui retiendra l'attention de l'auditeur : qu'il joue Sainte Colombe ou Marin Marais, il convainc et force l'émotion par la puissance de son doigté et la pureté de son élocution. C'est la présence de Jordi Savall qui donne à cette bande de film sa qualité et sa classe.
Répertoire (France) / Janvier 1002
LES MATINS TRIOMPHANTS. Qui aurait pu imaginer que la bande?son du film entrerait au «Top 30» de RTL-Virgin ? Et pourtant le disque occupe, avec 70.000 exemplaires vendus, la quatrième place à ce classement derrière Queen, Michael Jackson et Etienne Daho, et avant le dernier Genesis. (...) Il n'empêche que la musique grand siècle n'avait jamais connu tant d'échos auprès du grand. public. (...) 10% des spectateurs du films ont donc acheté la bande originale de «Tous les matins du monde». Plus remarquable, la majorité de ces acheteurs se recrutent parmi les 15-30 ans. Hier confinés dans les circuits parallèles de la musique classique, les baroqueux, ces interprètes «d'art et d'essai» accèdent à la grande distribution.
Le Monde (France) / 11 janvier 1992
Deux mois après sa sortie, «Tous les matins du monde» est devenu un phénomène musical avec ses 100.000 exemplaires vendus de la bande sonore. Entré quatrième au top 30 RTL-Virgin, le disque, entièrement réalisé par Jordi Savall — gambiste, chef et directeur musical du film —, y est classé deuxième, juste derrière le groupe Queen.
Le Nouvel Observateur (France) / 20 février 1992
200.000 exemplaires vendus en France pour le disque de «Tous les matins du monde» par Jordi Savall. Un double disque d'or amplement mérité, d'autant que, grande première, il ne sagit pas de baroque saucissonné en compilation.
Télérama (France) / 28 octobre 1992
INTERVIEW: JORDI SAVALL
Tous les matins du monde ... Dix ans après
Dix ans près sa sortie, le retour de « Tous les matins du monde » chez Alia Vox est-il un événement important pour vous ?
Oui, c'est très important symboliquement de récupérer la propriété et la diffusion d'un projet que nous avons produit nous-mêmes et qui est devenu un des enregistrements de musique ancienne ayant le plus marqué toute une époque. D'autre part, il s'agit d'un programme et d'une interprétation qui ont été réalisés après un grand travail de préparation, un soin minutieux des détails, une réflexion très approfondie sur l'interprétation de la musique française à cette époque et tout spécialement sur les manières et le style du jeu de la viole de gambe. Le résultat est un enregistrement qui, dix ans après, reste plein de poésie et d'une grande fraîcheur.
Qu'est-ce qui a motivé le choix du programme du disque bonus « Dix ans après » ?
Il nous est apparu intéressant d'accompagner le disque original d'une série de nouvelles pièces, pour orchestre ou pour viole soliste, précédés de la fameuse Marche pour la cérémonie des Turcs. Toutes ces pièces, enregistrées depuis 1999 pour Alia Vox, ont été faites avec un soin tout particulier apporté à la qualité de l'interprétation et au son. On y retrouve aussi la version complète de certaines œuvres comme le Prélude (Fantaisie) en mi mineur que l'on peut considérer actuellement comme un des plus beaux auto?portraits du méconnu Mr. de Sainte Colombe le fils, ou encore l'intégrale des Folies d’Espagne de Marin Marais dans l'édition révisée par l'auteur en 1701.
Quel enseignement tirez-vous de cette expérience unique ?
D'abord, il faut être conscient que l'interprétation d'une musique donne un résultat plus humain et plus significatif quand elle est étroitement liée à la vie, puisque c'est cette vie même (même si elle se déroule dans un monde fictif) qui nous aide à approfondir le sens de l'émotion. Nous avions conscience d'une situation exceptionnelle qui nous obligeait à saisir, plus que jamais, tous les moments magiques de chaque musique pour faire le contrepoids idéal de l'image ; c'est ainsi que pour insérer parfaitement les musiques dans le scénario du film, à chaque instant durant l'enregistrement, Alain Corneau et moi discutions, sur base du texte de Pascal Quignard, de la situation et du contexte humain dans lequel la musique allait devenir le noyau central, et sa signification dans la vie des différents personnages. C'est de cette manière que j'ai pris conscience des différences d'engagement et d’émotion qu'il pouvait y avoir entre jouer La Rêveuse en concert, «en abstrait», même dans les jours les plus inspirés, et le fait d'imaginer Marin Marais lui?même la jouant pour la dernière fois pour la jeune Madeleine mourante.
Dix ans après, y a-t-il une modification dans votre interprétation de la musique ancienne ?
Il y a toujours des changements dans l'interprétation et la vision des œuvres. Chaque jour, nous abordons les choses d'une manière différente, c'est une loi fondamentale du renouvellement de la vie, et tout spécialement en ce qui concerne l'interprétation de la musique. C'est, je dirais, une condition incontournable de toute approche artistique véritablement créative. Ceci dit et malgré de réelles différences de tempo et de caractère dans la nouvelle interprétation de certaines pièces —comme dans la Marche pour la cérémonie des Turcs —, je crois que le disque de Tous les matins du monde garde une modernité et une spontanéité absolument remarquables, même après 10 ans. Jamais je n'aurais imaginé l'extraordinaire stimulation que pouvait avoir cette expérience sur le développement de l'approche interprétative, grâce au pont que l'on établissait entre une musique oubliée et l'expression vivante d'un art de notre temps aussi fondamental que le cinéma.
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Whether or not you saw the film Tous les matins du monde, you owe it to yourself to either discover or revisit its soundtrack, which features the music of two great figures of 17th-century France: Saint Colombe and his pupil Marin Marais. Saint Colombe, about whom little is known, was a great viol player who was acclaimed for his improvisations. Marais became a member of the famed court orchestra under Lully (some of whose music also appears on the disc) at a very young age. One of the joys of this recording is the sound of the bass viol, an instrument rarely played by itself, especially in such a virtuoso manner. Jordi Savall is the undisputed modern master of the instrument, and he shows us why on this program. As an added bonus, two outstanding vocal pieces are sung with endearing purity, flawless technique, and impeccable intonation by two perfectly matched sopranos. --David VernierTous les Matins du Monde
Edition du 10e Anniversaire
Montserrat Figueras,
Maria-Cristina Kiehr, sopranos
Fabio Biondi, violon - Christophe Coin & Jérôme Hantaï, basses de viole
Rolf Lislevand, théorbe - Pierre Hantaï, clavecin
Le Concert des Nations
Jordi Savall direction & basse de viole
& . Date et lieu d'enregistrement : Janvier, Mars, Avril et Août 2001
& . Date de parution : 26/11/2004
RÉPERTOIRE :
Bande originale du film de Alain Corneau - Direction musicale : Jordi Savall
Marche pour la cérémonie des Turcs (Jean-Baptiste Lully)
Improvisations sur les "Folies d'Espagne" (Marin Marais) : extraits
Prélude pour Mr. Vauquelin (Improvisation d'après le Prélude en sol mineur de Mr. de St. Colombe le fils)
Gavotte du Tendre (Mr. de Sainte Colombe)
Une jeune fillette (Mélodie populaire - Arrangement Jordi Savall)
Les Pleurs (Mr. de Sainte Colombe / version viole seule de Jordi Savall)
Concert à deux violes "Le Retour" (Mr. de Sainte Colombe)
La Rêveuse (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole)
Troisième Leçon de Ténèbres à 2 voix (François Couperin)
L'Arabesque (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole
Fantaisie en mi mineur (Arr. Jordi Savall d'après Mr.de Sainte Colombe le fils)
Les Pleurs (Mr. de Sainte Colombe, version à 2 violes)
Le Badinage (Marin Marais, 4e livre de Pièces de viole)
Tombeau pour Mr. de Sainte Colombe * (Marin Marais, 2e livre de Pièces de Viole)
Muzettes I - II (Marin Marais, 3e livre de Pièces de viole) *
Sonnerie de Ste. Geneviève du Mont-de-Paris (Marin Marais)
* Ces œuvres sont un complément à la musique du film
Montserrat Figueras,
Maria-Cristina Kiehr, sopranos
Fabio Biondi, violon - Christophe Coin & Jérôme Hantaï, basses de viole
Rolf Lislevand, théorbe - Pierre Hantaï, clavecin
Le Concert des Nations
Direction & basse de viole: Jordi Savall
PRESENTATION :
En novembre 2001, dix ans après le succès sans précédent de la musique du film "Tous les Matins du Monde" – près de un million d'exemplaires vendus –, Jordi Savall la rééditait sous son label Alia Vox, dans une présentation digipack de luxe pour marquer le 10e anniversaire de la publication de la bande originale. Trois ans plus tard, la voici en SACD, une manière privilégiée de revisiter un disque éternel.
Décembre 1991. Un événement secoue le monde du cinéma français : la sortie du film Tous les matins du monde. Un film intimiste dont l'actrice principale est... la musique, celle d'un maître oublié, Mr. de Sainte Colombe et de son disciple Marin Marais. Le film remporte immédiatement un succès inattendu et se classe pendant plusieurs semaines au box office entre deux puissantes « machines » du cinéma américain, Terminator 2 et Bernard et Bianca, période de Noël oblige ! La bande originale du film suit immédiatement la même progression, se retrouvant dans les «charts» et autres «tops» toutes catégories, derrière Queen et devant Michael Jackson...
Ce succès invraisemblable récompensait à juste titre le fruit d'une collaboration étroite entre trois grands artistes, amoureux de musique ancienne, ayant relevé le défi de la placer au centre d'un film : le réalisateur Alain Corneau, l'écrivain et scénariste Pascal Quignard et Jordi Savall, directeur musical et interprète de la bande originale. Le film remportera sept Césars — dont celui de la meilleure musique de film, attribué à Jordi Savall — et, comme la bande originale, il recevra de nombreux prix internationaux.
Cette vague ne s'arrêtera pas à la France : le film sera distribué dans quelques 50 pays et le disque se vendra à plus d'un million d'exemplaires, chiffre exceptionnel pour des ventes classiques et jamais atteint pour un disque de musique ancienne. Le nombre de mélomanes s'accroît soudain, tous découvrent Sainte Colombe, Marin Marais, Jordi Savall. Les jeunes se tournent vers la musique ancienne, toute une génération est marquée par cette découverte qui sort du jour au lendemain cette musique du cercle des «initiés».
Dix ans après, en novembre 2001, Alia Vox fêta dignement le retour de ce disque exceptionnel au sein de sa collection avec une édition spéciale « 10e anniversaire », à tirage limité. Outre la nouvelle présentation dans un luxueux digipack illustré de photos du film et du tournage, et son disque bonus, la bande sonore avait fait l’objet d’une remasterisation en haute définition, mais néanmoins limitée par la qualité offerte par le compact disc. Trois ans plus tard, Alia Vox est allé encore plus loin dans la qualité sonore en proposant, en cet automne 2004, une version SACD hybride multicanal qui a fait l’objet d’un travail des plus soigné, aussi bien pour la chaleur, la profondeur et la pureté du son DSD que pour la spatialisation en cinq canaux qui place l’auditeur au centre de l’espace musical.
Tous les matins du monde fait partie des projets qui ont marqué et marquent encore le monde du disque. La réédition au format SACD hybride multicanal donne une troisième vie à ce disque, lui apportant une dimension sonore nouvelle.
Tous les matins du monde reste un enregistrement plein de poésie, d’émotion et de fraîcheur, et cette version SACD permet de redécouvrir ce disque mythique dans les meilleures conditions techniques actuelles.
10 ANS APRÈS, PETITS EXTRAITS D'UNE REVUE DE PRESSE
L'instrumentiste est sans doute le plus grand : d'une finesse incomparable, d'une virtuosité transcendante, il a su rendre à chaque style sa grandeur. L'art de la viole est difficile entre tous, tant pour le compositeur que pour l'interprète, et peu sont parvenus à le maîtriser tout à fait. L'instrument rétif et facilement austère, d'une délicatesse qui frise la mièvrerie, limité dans sa puissance, il ne connaît aujourd'hui que quatre ou cinq virtuoses capables de la faire pleurer comme elle l'exige. Savall est le plus complet. Il a exploré sans faiblir un répertoire aussi vaste qu'inconnu.
Le Nouvel Observateur (France) / 12 décembre 1992
( ... ) Il ne manque plus que l'essentiel : la musique. C'est-à-dire la participation d'un homme sans qui le film serait impossible, le seul qui connaisse la musique de Sainte Colombe et de Marin Marais, le seul qui la joue, le seul qui l'ait enregistrée : le violiste espagnol Jordi Savall, le plus grand interprète au monde de ce répertoire. Il se joint au duo Quignard-Comeau : le tiercé gagnant.
L'événement (France) / 12 décembre 1992
Jamais l'histoire dramatique et belle racontée dans « Tous les matins du monde » n'aurait pu voir le jour sans l'aide de Jordi Savall. Jordi Savall qui a redonné à la viole de gambe ses lettres de noblesses et qui, le premier, a imposé les œuvres de Marin Marais et du Sieur de Sainte Colombe.
Télérama (France) / 18 décembre 1992
«Tous les matins du monde» est un chef-d'œuvre, un témoignage et une chance. Et c'est une chance pour la musique en général et pour la musique baroque en particulier. Il y a des décennies que des musiciens travaillent à la défendre : Savall, Quignard et Corneau démontrent aujourd'hui que ce n'est pas une musique pour initiés mais une grande musique pour grande audience. Tant mieux.
Cadences(France) / Février 1992
Mais c'est le jeu de Jordi Savall qui retiendra l'attention de l'auditeur : qu'il joue Sainte Colombe ou Marin Marais, il convainc et force l'émotion par la puissance de son doigté et la pureté de son élocution. C'est la présence de Jordi Savall qui donne à cette bande de film sa qualité et sa classe.
Répertoire (France) / Janvier 1002
LES MATINS TRIOMPHANTS. Qui aurait pu imaginer que la bande?son du film entrerait au «Top 30» de RTL-Virgin ? Et pourtant le disque occupe, avec 70.000 exemplaires vendus, la quatrième place à ce classement derrière Queen, Michael Jackson et Etienne Daho, et avant le dernier Genesis. (...) Il n'empêche que la musique grand siècle n'avait jamais connu tant d'échos auprès du grand. public. (...) 10% des spectateurs du films ont donc acheté la bande originale de «Tous les matins du monde». Plus remarquable, la majorité de ces acheteurs se recrutent parmi les 15-30 ans. Hier confinés dans les circuits parallèles de la musique classique, les baroqueux, ces interprètes «d'art et d'essai» accèdent à la grande distribution.
Le Monde (France) / 11 janvier 1992
Deux mois après sa sortie, «Tous les matins du monde» est devenu un phénomène musical avec ses 100.000 exemplaires vendus de la bande sonore. Entré quatrième au top 30 RTL-Virgin, le disque, entièrement réalisé par Jordi Savall — gambiste, chef et directeur musical du film —, y est classé deuxième, juste derrière le groupe Queen.
Le Nouvel Observateur (France) / 20 février 1992
200.000 exemplaires vendus en France pour le disque de «Tous les matins du monde» par Jordi Savall. Un double disque d'or amplement mérité, d'autant que, grande première, il ne sagit pas de baroque saucissonné en compilation.
Télérama (France) / 28 octobre 1992
INTERVIEW: JORDI SAVALL
Tous les matins du monde ... Dix ans après
Dix ans près sa sortie, le retour de « Tous les matins du monde » chez Alia Vox est-il un événement important pour vous ?
Oui, c'est très important symboliquement de récupérer la propriété et la diffusion d'un projet que nous avons produit nous-mêmes et qui est devenu un des enregistrements de musique ancienne ayant le plus marqué toute une époque. D'autre part, il s'agit d'un programme et d'une interprétation qui ont été réalisés après un grand travail de préparation, un soin minutieux des détails, une réflexion très approfondie sur l'interprétation de la musique française à cette époque et tout spécialement sur les manières et le style du jeu de la viole de gambe. Le résultat est un enregistrement qui, dix ans après, reste plein de poésie et d'une grande fraîcheur.
Qu'est-ce qui a motivé le choix du programme du disque bonus « Dix ans après » ?
Il nous est apparu intéressant d'accompagner le disque original d'une série de nouvelles pièces, pour orchestre ou pour viole soliste, précédés de la fameuse Marche pour la cérémonie des Turcs. Toutes ces pièces, enregistrées depuis 1999 pour Alia Vox, ont été faites avec un soin tout particulier apporté à la qualité de l'interprétation et au son. On y retrouve aussi la version complète de certaines œuvres comme le Prélude (Fantaisie) en mi mineur que l'on peut considérer actuellement comme un des plus beaux auto?portraits du méconnu Mr. de Sainte Colombe le fils, ou encore l'intégrale des Folies d’Espagne de Marin Marais dans l'édition révisée par l'auteur en 1701.
Quel enseignement tirez-vous de cette expérience unique ?
D'abord, il faut être conscient que l'interprétation d'une musique donne un résultat plus humain et plus significatif quand elle est étroitement liée à la vie, puisque c'est cette vie même (même si elle se déroule dans un monde fictif) qui nous aide à approfondir le sens de l'émotion. Nous avions conscience d'une situation exceptionnelle qui nous obligeait à saisir, plus que jamais, tous les moments magiques de chaque musique pour faire le contrepoids idéal de l'image ; c'est ainsi que pour insérer parfaitement les musiques dans le scénario du film, à chaque instant durant l'enregistrement, Alain Corneau et moi discutions, sur base du texte de Pascal Quignard, de la situation et du contexte humain dans lequel la musique allait devenir le noyau central, et sa signification dans la vie des différents personnages. C'est de cette manière que j'ai pris conscience des différences d'engagement et d’émotion qu'il pouvait y avoir entre jouer La Rêveuse en concert, «en abstrait», même dans les jours les plus inspirés, et le fait d'imaginer Marin Marais lui?même la jouant pour la dernière fois pour la jeune Madeleine mourante.
Dix ans après, y a-t-il une modification dans votre interprétation de la musique ancienne ?
Il y a toujours des changements dans l'interprétation et la vision des œuvres. Chaque jour, nous abordons les choses d'une manière différente, c'est une loi fondamentale du renouvellement de la vie, et tout spécialement en ce qui concerne l'interprétation de la musique. C'est, je dirais, une condition incontournable de toute approche artistique véritablement créative. Ceci dit et malgré de réelles différences de tempo et de caractère dans la nouvelle interprétation de certaines pièces —comme dans la Marche pour la cérémonie des Turcs —, je crois que le disque de Tous les matins du monde garde une modernité et une spontanéité absolument remarquables, même après 10 ans. Jamais je n'aurais imaginé l'extraordinaire stimulation que pouvait avoir cette expérience sur le développement de l'approche interprétative, grâce au pont que l'on établissait entre une musique oubliée et l'expression vivante d'un art de notre temps aussi fondamental que le cinéma.
05:46
Jordi Savall just keeps on turning out the hits. In this case, quite literally, as these works represent popular music from a wide, wide variety of countries as disparate as Afghanistan, Morocco, Turkey, Rhodes, Spain, Italy, France, England, Germany, and Mexico. This is as good an introduction to “world music” as I can imagine, and is far more penetrating in emotional exuberance than much of the pop-schlock that passes for the genre these days.
As most readers are probably aware, the greatest classical music has its roots in the most noble of folk elements of any country under consideration. Just look at the number of folk song settings by so many great composers, and the number who spent large portions of their lives researching this music. What Savall has given us here is music that blossoms out from the folk idiom in the form of that most communal of activities, the dance. Whether the plaintive English Anonymous Lullaby that Montserrat Figueras sings, to her equally affecting I am the Mad Woman by Henri du Bailly, or the rollicking Sweetheart Who in Your Fickle Moods by the noted musician, priest, murderer, and general womanizing rogue Jose Marin, the infectiousness of this music grabs you and doesn’t let go.
Those familiar with any of the many discs that Hesperion XXI (and XX) have been putting out for so many years need not have any fears in acquiring this latest one. All of the standard-setting production values, from cover art to notes, to sensationally clear and vibrant sound, are all here. Everyone should have at least one example of the formidable art of Hesperion in their collection, and this is as good a place to start as any.-- Steven Ritter
Montserrat Figueras
Hespèrion XXI
Le Concert des Nations
La Capella Reial de Catalunya
JORDI SAVALL
Référence AV9853
Date et lieu d'enregistrement : Enregistrements réalisées entre 1997 et 2006 à la Collégiale du Château de Cardona (Cataligne, Espagne) et au Studio de la Fondation Tibor Varga (pièces 19 et 21) à Sion (Suisse), par Nicolas Bartholomé et Nicolas de Béco, et par Manuel Mohino (pièces 1 et 3).
Formats disponibles : CD
Langues du livret : français, English, castellano, català, Deutsch, italiano
Date de parution : 01/07/2007
From Orient
Afghanistan : Laïla Djân, Berbère :Amazigh Lullaby, Turquie : Makam 'Uzäl Sakil "Turna" & Rhodes : La guirnalda de rosas (Sefardi)
From Italy
Ballo: Collinetto (Napoli), Strambotto: Correno multi cani, Base dance: La Spagna (Anonyme) & Alle Stamenge (Canto Carnascialesco)
From England
Gallyard (Anonyme), Lullaby: My little sweet darling (Anon.) & Dance (Anonyme)
From France
Tourdion : Quand je bois du vin (Anon.), Bourrée d'avignognez (Anonyme), La Folia:Yo Soy la Locura (Du Bailly) & Les Nimphes de la Grenouillere (Anon.)
From Germany
Pavan V LUDI MUSICI (S. Scheidt) & Galliard Battaglia (S. Scheidt)
From Spain
Villancico :Yo me soy la morenica, Canarios : No piense Menguilla, Romanesca: Recercada 7 (D.Ortiz) & Baile:Niña como en tus mudanças
From The New World
Folias Criollas (Peru), Mestizo e Indio:Tleycantimo (Oaxaca) & Guaracha:Ay que me abraso (Mexico)
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Jordi Savall just keeps on turning out the hits. In this case, quite literally, as these works represent popular music from a wide, wide variety of countries as disparate as Afghanistan, Morocco, Turkey, Rhodes, Spain, Italy, France, England, Germany, and Mexico. This is as good an introduction to “world music” as I can imagine, and is far more penetrating in emotional exuberance than much of the pop-schlock that passes for the genre these days.
As most readers are probably aware, the greatest classical music has its roots in the most noble of folk elements of any country under consideration. Just look at the number of folk song settings by so many great composers, and the number who spent large portions of their lives researching this music. What Savall has given us here is music that blossoms out from the folk idiom in the form of that most communal of activities, the dance. Whether the plaintive English Anonymous Lullaby that Montserrat Figueras sings, to her equally affecting I am the Mad Woman by Henri du Bailly, or the rollicking Sweetheart Who in Your Fickle Moods by the noted musician, priest, murderer, and general womanizing rogue Jose Marin, the infectiousness of this music grabs you and doesn’t let go.
Those familiar with any of the many discs that Hesperion XXI (and XX) have been putting out for so many years need not have any fears in acquiring this latest one. All of the standard-setting production values, from cover art to notes, to sensationally clear and vibrant sound, are all here. Everyone should have at least one example of the formidable art of Hesperion in their collection, and this is as good a place to start as any.-- Steven Ritter
Montserrat Figueras
Hespèrion XXI
Le Concert des Nations
La Capella Reial de Catalunya
JORDI SAVALL
Référence AV9853
Date et lieu d'enregistrement : Enregistrements réalisées entre 1997 et 2006 à la Collégiale du Château de Cardona (Cataligne, Espagne) et au Studio de la Fondation Tibor Varga (pièces 19 et 21) à Sion (Suisse), par Nicolas Bartholomé et Nicolas de Béco, et par Manuel Mohino (pièces 1 et 3).
Formats disponibles : CD
Langues du livret : français, English, castellano, català, Deutsch, italiano
Date de parution : 01/07/2007
From Orient
Afghanistan : Laïla Djân, Berbère :Amazigh Lullaby, Turquie : Makam 'Uzäl Sakil "Turna" & Rhodes : La guirnalda de rosas (Sefardi)
From Italy
Ballo: Collinetto (Napoli), Strambotto: Correno multi cani, Base dance: La Spagna (Anonyme) & Alle Stamenge (Canto Carnascialesco)
From England
Gallyard (Anonyme), Lullaby: My little sweet darling (Anon.) & Dance (Anonyme)
From France
Tourdion : Quand je bois du vin (Anon.), Bourrée d'avignognez (Anonyme), La Folia:Yo Soy la Locura (Du Bailly) & Les Nimphes de la Grenouillere (Anon.)
From Germany
Pavan V LUDI MUSICI (S. Scheidt) & Galliard Battaglia (S. Scheidt)
From Spain
Villancico :Yo me soy la morenica, Canarios : No piense Menguilla, Romanesca: Recercada 7 (D.Ortiz) & Baile:Niña como en tus mudanças
From The New World
Folias Criollas (Peru), Mestizo e Indio:Tleycantimo (Oaxaca) & Guaracha:Ay que me abraso (Mexico)
this is not my upload but the gift of Sankerib....thanks my friend ;)
21:09

Un hommage aux traditions musicales d’Ecosse et d’Irlande
Thanks to in-depth research into original manuscripts, Jordi Savall reveals the hidden beauties of Irish and Scottish music from 17th to 19th Century. The transcription from fiddle to baroque viol sounds so obvious that everyone realizes the closeness of traditional and ancient repertoires at once. Some of the pieces are irresistibly vivid and virtuosic, some are more melancholic-but all of them deserve the renasissance Jordi Savall offers them in this collection, where he partners with harp virtuoso Andrew Lawrence-King.
LA VIOLE CELTIQUE. Éloge de la transmission
The man that hath no music in himself,
Nor is not moved with concord of sweet sounds,
Is fit for treasons, stratagems, and spoils;
The motions of his spirit are dull as the night,
And the affections dark as Erebus
Let no such man be trusted. Mark the music.
William Shakespeare, The Merchant of Venice, Act V, Scene 1
L’homme qui n’a pas de musique en lui,
Et qui n’est pas touché par la concorde des doux sons,
Est prêt aux trahisons, aux stratagèmes, et aux pillage
La marche de son esprit est ténébreuse comme la nuit,
Et ses désirs sombres comme l’Erèbe :
Méfions-nous d’un tel homme... écoutons la musique.
William Shakespeare, Le Marchand de Venise, Acte V, scène 1
Si le visage est le miroir de l’âme, la musique d’un peuple, est le reflet de l’esprit de son identité, à l’origine individuelle mais, qui prend forme dans le temps en tant qu’image de l’ensemble d’un espace culturel propre et unique. Toute musique transmise et conservée par tradition orale, est le résultat d’une heureuse survivance, suite d’un long processus de sélection et de synthèse. A l’inverse de certaines cultures orientales qui se sont surtout développées dans un espace de tradition orale, dans le monde occidental, seules les musiques dites traditionnelles, populaires ou folkloriques, ont su perdurer grâce à ces mécanismes de transmission non écrite.
L’invention de la notation musicale qui est un phénomène lié très souvent aux cercles sociaux littéraires, a permis que certaines cultures, comme celles de Chine, de Corée, du Japon et d’Europe occidentale aient pu développer, depuis des temps très anciens, de nombreux systèmes de notation servant à des situations bien différentes. Tandis que d’autres cultures, comme celles des pays du Moyen Orient (exceptée la Turquie) ou le sud et le sud-ouest de l’Asie, ne l’ont que très peu développée - avant ces cent dernières années. Dans le monde des musiques « cultes » de l’Europe occidentale, la communication musicale basée sur le non écrit, a perduré jusqu’à la fin du XVIIe siècle, mais seulement dans les pratiques liées à l’improvisation et à la réalisation des accompagnements sur la « basse continue », et plus tard dans les espaces de création musicale, liés toujours à ceux des institutions du pouvoir spirituel et séculaire (l’Église et la Cour), depuis le XVIIe siècle (Angleterre) et surtout au XIXe siècle (Allemagne), dans les cercles éminemment bourgeois. L’écriture musicale a permis un formidable développement des formes et des instruments, mais en même temps elle a contribué à reléguer dans l’oubli et dans un espace secondaire toutes les musiques vivantes qui accompagnaient quotidiennement la vie du plus grand nombre ; celles du peuple. C’est pourquoi les musiques celtiques pour le « fiddle » ou violon, d’Ecosse et d’Irlande (et même celles provenant des communautés d’émigrants de ces pays en Amérique du Nord), constituent dans l’Europe occidentale, un cas unique. C’est l’un des plus riches et des plus beaux patrimoines de toutes les traditions musicales vivantes de notre temps. Tous ces milliers d’Airs, de Pastorals, Laments, Hornpipes, Reels, Rants, Jigs etc. conservés par les différentes traditions orales, transmises avec amour de père en fils et avec persévérance, d’une génération à l’autre, sont en réalité de véritables musiques survivantes. Ce sont, en effet, des musiques qui ont eu le privilège, et la chance pour nous, de survivre à l’inévitable et constante amnésie culturelle de l’homme et de ses folies globalisantes.
De même que j’ai été séduit et fasciné, en 1965 pour retrouver la voix oubliée de la viole de gambe, de la même manière, nous avons décidé avec Montserrat Figueras et Hespèrion XX, (déjà en 1975), – dès nos premiers concerts et enregistrements – d’incorporer à côté du répertoire des musiques de la Cour et de l’Église, les merveilleuses musiques des Juifs espagnols, expulsés brutalement en 1492, et conservées par tradition orale, pendant plus de 5 siècles, dans les différentes communautés séfarades installées dans le pourtour méditerranéen. Il faut rappeler que sauf quelques exceptions (Falla, Bartók, Villa-Lobos, Kodaly, etc.), l’injuste valorisation de ces musiques dites « populaires » ou « folkloriques », les a reléguées inévitablement dans un univers propre, sans beaucoup de communication, ni surtout de respect de la part du monde de la musique dite « classique ». D’autre part, la terrible amnésie due à la perte de conscience des anciennes pratiques, nous a souvent empêchés de comprendre la réelle valeur d’œuvres conservées seulement dans leur version mélodique, même celles de musiciens très reconnus comme O’Carolan ou d’autres. C’est pourquoi dans de très importants dictionnaires de musique, on peut lire à propos des œuvres de O’Carolan que « unfortunately most are only in single line form, so that it is not definitely known how he harmonized or accompanied his melodies » (« malheureusement, la plupart n’existent que dans leur version mélodique, donc on ne peut savoir avec certitude de quelle manière s’harmonisait ou s’accompagnait ses mélodies »). Il est sûr que c’est dommage de ne pas savoir de quelle manière exacte on a réalisé l’accompagnement de telles pièces, mais il ne faut pas oublier que dans nombre de ces pièces la seule mélodie, grâce à sa beauté et son émotion, se suffit à elle même. Et en même temps, il faut constater que dans le cas de pièces qui demandent de l’accompagnement, nous en savons assez aujourd’hui sur la pratique de l’accompagnement improvisé aux XVIIe et XVIIIe siècles pour pouvoir reconstituer des versions pleinement satisfaisantes artistiquement. C’est pour la même raison que les six Suites pour violoncelle seul de J.S. Bach ont été « complétées » par un accompagnement pour piano durant le XIXe siècle et que comme musique d’art, elles sont restées « oubliées » des interprètes pendant plus de deux siècles. Il faut attendre jusqu’à la fin du XIXe siècle, pour qu’elles soient redécouvertes (en 1890!) par un jeune Pau Casals qui, dix années plus tard vers 1900, commencera à les faire connaître au monde.
Ma première rencontre avec la musique celte remonte d’une part aux années 1977-78, au moment de notre visite à Kilkenny pour un concert avec Hespèrion XX. Durant ce Festival, les rues, les places et les pubs étaient remplis de musiciens de toutes sortes (violons, flûtes...) qui jouaient sans arrêt, seuls ou accompagnés (d’une guitare ou d’une petite harpe). Quelle vitalité, quelle magie de voir tant de musiciens, vivre la musique avec intensité et émotion ! D’autre part, l’autre rencontre s’est faite à travers l’écoute d’enregistrements historiques des années 1920-30, comme ceux des géniaux James Scott Skinner et Joe MacLean, et l’écoute de concerts d’ensembles comme « The Chieftains » entre autres.
Pendant ces dernières trente années, j’ai été aussi absolument fasciné par le répertoire britannique pour la viole, ce pourquoi j’ai étudié, interprété et enregistré beaucoup de ces musiques pour viole seule ou pour consort de violes : celles de Christopher Tye à Henry Purcell en passant par Tobias Hume, Alfonso Ferrabosco, William Corkine, William Brade, John Dowland, William Byrd, Thomas Ford, Orlando Gibbons, John Jenkins, William Lawes, John Playford, Matthew Locke... et aussi celles d’auteurs anonymes élisabéthains ou jacobites. Mais c’est avec la découverte de manuscrits, comme celui du Manchester Gamba Book avec plus de 30 différentes manières d’accorder la viole (tuning ou scordatura), et très précisément les Bagpipe tunings, que j’ai commencé à réaliser qu’il y avait aussi pour la viole de véritables rapports avec une ancienne tradition celtique qui avait été oubliée comme on avait oublié l’existence même de l’instrument après la mort des derniers violistes (comme K. F. Abel qui de son vivant étonnait par la beauté et l’expressivité de ses improvisations à la viole de gambe). C’est Burney qui écrit : « I have heard him modulate in private on his six-stringed base with such practical readiness and depth of science, as astonished the late Lord Kelly and Bach, as much as myself. » (Je l’ai entendu moduler en privé sur sa basse à six cordes avec une telle facilité et une telle profondeur d’érudition, qu’il étonna feu Lord Kelly et Bach autant que moi-même).
Pendant ces dernières années, j’ai commencé à étudier d’abord les recueils du XVIIe siècle, contenant des musiques écossaises et irlandaises, et tout de suite j’ai découvert l’extraordinaire richesse des principales collections de musique celtique : comme celles qui ont été recueillies par George Farquhar Graham The Songs of Scotland (Edinburgh, 1848), George Petrie Complete Collection of Irish Music (London, 1852, rééditée en 1902-1905), William Bradbury Ryan’s Mammoth Collection (Boston, 1883), O’Neill Music Of Ireland (New York, 1903) et The Dance Music Of Ireland (New York, 1907); P.W. Joyce Old Irish Folk Music and Songs (Londres 1909), James Hunter The Fiddle Music Of Scotland (Edinburgh, 1979), Alastair J. Hardie The Caledonian Companion (Edinburgh, 1981), Aloys Fleischmann Sources Of Irish Traditional Music, c. 1600-1855 (New York et Londres 1998), entre autres.
Tout d’abord, j’ai été surpris de constater une telle abondance de matériel historique documenté car l’ensemble de toutes ces collections totalise plus de 10.000 œuvres ! Toutes de grande qualité artistique. J’ai trouvé aussi très intéressant de découvrir que certaines mélodies celtiques, avaient des figures très semblables à d’anciens chants de la Catalogne, comme celles qu’il y a entre « Le Testament d’Amélie » et « Màiri Bhàn Òg ». Mais la tâche la plus difficile a été celle de limiter la sélection des musiques (pour le CD) à une trentaine de pièces les plus représentatives, provenant d’époques et d’origines différentes, ainsi que celle de choisir les différents « tunings » adaptés à chaque type de musique. Pour cela, j’ai choisi de commencer par le répertoire jouable avec le dessus de viole, en utilisant trois différents instruments : une vielle du XVIe siècle pour les pièces les plus anciennes, et deux dessus de viole de Nicholas Chappuy, l’une à 5 cordes de 1730 et l’autre à 6 cordes de 1750, accordées en différentes « scordature ». Je choisis de présenter un total de 29 pièces, desquelles 12 sont jouées avec la viole seule, et 17 accompagnées par la harpe irlandaise et le psaltérion d’Andrew Lawrence-King, qui a réalisé tous les accompagnements en improvisant et suivant les informations d’époque et les pratiques traditionnelles. C’est une approche volontairement sobre, pour mieux montrer que tout l’essentiel de ces musiques se trouve en elles-mêmes, dans la force et la magie de leur discours musical. Je suis aussi très conscient de l’énorme distance qu’il peut y avoir entre le jeu d’un musicien qui est né avec cette musique et celui d’un autre qui a dû l’apprendre durant quelques années et qui sait qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre. J’espère seulement que mon expérience avec les musiques de la Renaissance et du Baroque m’auront permis de donner une vision différente de celles qu’on entend dans les traditions modernes. Enfin cet enregistrement est surtout un hommage fervent à cet art de la transmission, au talent de tous ces musiciens qui ont créé ce merveilleux patrimoine et aussi à tous les autres, non moins importants, qui ont su le transmettre de génération en génération, pour le garder pleinement vivant.
La musique exprime et prolonge ce que la parole ne peut plus dire, et le temps filtre et nettoie ces mélodies transmises par tradition orale, de tout ce qui n’est pas essentiel. C’est ainsi que toutes ces musiques, d’auteurs le plus souvent restés anonymes, sont devenues, grâce à leur vitalité, beauté, émotion et charme, indispensables à la célébration des moments les plus marquants des différentes étapes de la vie quotidienne et de la vie de l’homme. Chansons pour vaincre la tristesse ou célébrer les bonnes nouvelles, danses pour fêter les moments de bonheur et de joie, plaintes pour surmonter la perte d’un être cher ou le souvenir d’un fait malheureux, toutes ces œuvres merveilleuses, mais néanmoins fragiles, représentent l’apport sensible et le plus personnel de cultures, souvent marginalisées ou persécutées, à l’histoire de la création musicale. Elles restent et resteront dans nos cœurs, comme les voix véritables et l’esprit essentiel d’une civilisation qui a su et sait garder vivante grâce à la musique, la mémoire et l’âme de son identité historique.
JORDI SAVALL
Bellaterra, 20 de Février 2009
Date et lieu d'enregistrement : 25 and 26 June, 7 and 8 September, 6 and 7 October, 2008 Monastery of Sant Pere de Ribes (Catalonia)
Formats disponibles : SACD hybride stereo and multichannel
Langues du livret : ENGLISH
Date de parution : 23/03/2009
I
1. The Musical Priest / Scotch Mary Traditional Irish 3’42
2. Caledonia’s Wail for Niel Gow Simon Fraser (1816 Collection) 3’52
3. The Humours of Scariff Traditional Irish 2’07
II
4. Alastair MacAlastair Strathspey by Nathaniel Gow 2’12
5. Tom Brigg’s, Jig Ryan’s Mammoth Collection 1’07
6. The Globby O, Jig Ryan’s Mammoth Collection 1’58
7. Lord Moira’s & Jinrikisha Ryan’s Mammoth Collection 1’34
8. Sackow’s (Jig) Traditional Irish 1’44
III
9. Hard is my Fate Traditional Scottish 3’01
10. Chapel Keithack William Marshall (1822 Collection) 3’14
11. Gudewife, Admit the Wanderer Simon Fraser (1816 Collection) 2’47
IV
12. Macpherson’s Lament James Macpherson (ca.1675-1700) 2’55
13. Tullochgorum Traditional Scottish Reel 1’31
14. Pretty Peggy Traditional Scottish 1’14
V
15. Twas within a furlong of Edinburgh Town H. Playford’s Dancing Master 1696 2’32
16. Màiri Bhàn Òg: Mary Young & fair Simon Fraser (1816 Collection) 4’28
17. Dowd’s Reel Traditional Irish 2’46
VI
18. Lady Mary Hay’s Scots Measure Scottish Dance 2’23
19. Carolan’s Farewell O’Carolan (1670-1738) 4’07
20. Gusty’s Frolics Donegal Tradition 1’51
21. Emigrants Reel Ryan’s Mammoth Collection 1’49
VII
22. The Lamentations of Owen Roe O’Neill O’Carolan 2’42
23. Princess Beatrice W.B. Laybourn (1835-1886) Book III 1’40
24. Prince Charlie’s Last view of Edinburgh Traditional Scottish 3’25
25. Trip it Upstairs (Single Jig) Traditional Irish 2’21
VIII
26. Mrs. McPherson of Gibton William Marshall (1822 Collection) 1’50
27. Tuttle’s Traditional Irish 2’59
28. Lament for the Death of his Second Wife Niel Gow 5’33
29. The Gander in the pratie hole Traditional Irish 1’46
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Alia Vox - AV 9865 |The Celtic Viol - La Viole Celtique
An Homage to the Irish and Scottish Musical Traditions.Un hommage aux traditions musicales d’Ecosse et d’Irlande
Thanks to in-depth research into original manuscripts, Jordi Savall reveals the hidden beauties of Irish and Scottish music from 17th to 19th Century. The transcription from fiddle to baroque viol sounds so obvious that everyone realizes the closeness of traditional and ancient repertoires at once. Some of the pieces are irresistibly vivid and virtuosic, some are more melancholic-but all of them deserve the renasissance Jordi Savall offers them in this collection, where he partners with harp virtuoso Andrew Lawrence-King.
LA VIOLE CELTIQUE. Éloge de la transmission
The man that hath no music in himself,
Nor is not moved with concord of sweet sounds,
Is fit for treasons, stratagems, and spoils;
The motions of his spirit are dull as the night,
And the affections dark as Erebus
Let no such man be trusted. Mark the music.
William Shakespeare, The Merchant of Venice, Act V, Scene 1
L’homme qui n’a pas de musique en lui,
Et qui n’est pas touché par la concorde des doux sons,
Est prêt aux trahisons, aux stratagèmes, et aux pillage
La marche de son esprit est ténébreuse comme la nuit,
Et ses désirs sombres comme l’Erèbe :
Méfions-nous d’un tel homme... écoutons la musique.
William Shakespeare, Le Marchand de Venise, Acte V, scène 1
Si le visage est le miroir de l’âme, la musique d’un peuple, est le reflet de l’esprit de son identité, à l’origine individuelle mais, qui prend forme dans le temps en tant qu’image de l’ensemble d’un espace culturel propre et unique. Toute musique transmise et conservée par tradition orale, est le résultat d’une heureuse survivance, suite d’un long processus de sélection et de synthèse. A l’inverse de certaines cultures orientales qui se sont surtout développées dans un espace de tradition orale, dans le monde occidental, seules les musiques dites traditionnelles, populaires ou folkloriques, ont su perdurer grâce à ces mécanismes de transmission non écrite.
L’invention de la notation musicale qui est un phénomène lié très souvent aux cercles sociaux littéraires, a permis que certaines cultures, comme celles de Chine, de Corée, du Japon et d’Europe occidentale aient pu développer, depuis des temps très anciens, de nombreux systèmes de notation servant à des situations bien différentes. Tandis que d’autres cultures, comme celles des pays du Moyen Orient (exceptée la Turquie) ou le sud et le sud-ouest de l’Asie, ne l’ont que très peu développée - avant ces cent dernières années. Dans le monde des musiques « cultes » de l’Europe occidentale, la communication musicale basée sur le non écrit, a perduré jusqu’à la fin du XVIIe siècle, mais seulement dans les pratiques liées à l’improvisation et à la réalisation des accompagnements sur la « basse continue », et plus tard dans les espaces de création musicale, liés toujours à ceux des institutions du pouvoir spirituel et séculaire (l’Église et la Cour), depuis le XVIIe siècle (Angleterre) et surtout au XIXe siècle (Allemagne), dans les cercles éminemment bourgeois. L’écriture musicale a permis un formidable développement des formes et des instruments, mais en même temps elle a contribué à reléguer dans l’oubli et dans un espace secondaire toutes les musiques vivantes qui accompagnaient quotidiennement la vie du plus grand nombre ; celles du peuple. C’est pourquoi les musiques celtiques pour le « fiddle » ou violon, d’Ecosse et d’Irlande (et même celles provenant des communautés d’émigrants de ces pays en Amérique du Nord), constituent dans l’Europe occidentale, un cas unique. C’est l’un des plus riches et des plus beaux patrimoines de toutes les traditions musicales vivantes de notre temps. Tous ces milliers d’Airs, de Pastorals, Laments, Hornpipes, Reels, Rants, Jigs etc. conservés par les différentes traditions orales, transmises avec amour de père en fils et avec persévérance, d’une génération à l’autre, sont en réalité de véritables musiques survivantes. Ce sont, en effet, des musiques qui ont eu le privilège, et la chance pour nous, de survivre à l’inévitable et constante amnésie culturelle de l’homme et de ses folies globalisantes.
De même que j’ai été séduit et fasciné, en 1965 pour retrouver la voix oubliée de la viole de gambe, de la même manière, nous avons décidé avec Montserrat Figueras et Hespèrion XX, (déjà en 1975), – dès nos premiers concerts et enregistrements – d’incorporer à côté du répertoire des musiques de la Cour et de l’Église, les merveilleuses musiques des Juifs espagnols, expulsés brutalement en 1492, et conservées par tradition orale, pendant plus de 5 siècles, dans les différentes communautés séfarades installées dans le pourtour méditerranéen. Il faut rappeler que sauf quelques exceptions (Falla, Bartók, Villa-Lobos, Kodaly, etc.), l’injuste valorisation de ces musiques dites « populaires » ou « folkloriques », les a reléguées inévitablement dans un univers propre, sans beaucoup de communication, ni surtout de respect de la part du monde de la musique dite « classique ». D’autre part, la terrible amnésie due à la perte de conscience des anciennes pratiques, nous a souvent empêchés de comprendre la réelle valeur d’œuvres conservées seulement dans leur version mélodique, même celles de musiciens très reconnus comme O’Carolan ou d’autres. C’est pourquoi dans de très importants dictionnaires de musique, on peut lire à propos des œuvres de O’Carolan que « unfortunately most are only in single line form, so that it is not definitely known how he harmonized or accompanied his melodies » (« malheureusement, la plupart n’existent que dans leur version mélodique, donc on ne peut savoir avec certitude de quelle manière s’harmonisait ou s’accompagnait ses mélodies »). Il est sûr que c’est dommage de ne pas savoir de quelle manière exacte on a réalisé l’accompagnement de telles pièces, mais il ne faut pas oublier que dans nombre de ces pièces la seule mélodie, grâce à sa beauté et son émotion, se suffit à elle même. Et en même temps, il faut constater que dans le cas de pièces qui demandent de l’accompagnement, nous en savons assez aujourd’hui sur la pratique de l’accompagnement improvisé aux XVIIe et XVIIIe siècles pour pouvoir reconstituer des versions pleinement satisfaisantes artistiquement. C’est pour la même raison que les six Suites pour violoncelle seul de J.S. Bach ont été « complétées » par un accompagnement pour piano durant le XIXe siècle et que comme musique d’art, elles sont restées « oubliées » des interprètes pendant plus de deux siècles. Il faut attendre jusqu’à la fin du XIXe siècle, pour qu’elles soient redécouvertes (en 1890!) par un jeune Pau Casals qui, dix années plus tard vers 1900, commencera à les faire connaître au monde.
Ma première rencontre avec la musique celte remonte d’une part aux années 1977-78, au moment de notre visite à Kilkenny pour un concert avec Hespèrion XX. Durant ce Festival, les rues, les places et les pubs étaient remplis de musiciens de toutes sortes (violons, flûtes...) qui jouaient sans arrêt, seuls ou accompagnés (d’une guitare ou d’une petite harpe). Quelle vitalité, quelle magie de voir tant de musiciens, vivre la musique avec intensité et émotion ! D’autre part, l’autre rencontre s’est faite à travers l’écoute d’enregistrements historiques des années 1920-30, comme ceux des géniaux James Scott Skinner et Joe MacLean, et l’écoute de concerts d’ensembles comme « The Chieftains » entre autres.
Pendant ces dernières trente années, j’ai été aussi absolument fasciné par le répertoire britannique pour la viole, ce pourquoi j’ai étudié, interprété et enregistré beaucoup de ces musiques pour viole seule ou pour consort de violes : celles de Christopher Tye à Henry Purcell en passant par Tobias Hume, Alfonso Ferrabosco, William Corkine, William Brade, John Dowland, William Byrd, Thomas Ford, Orlando Gibbons, John Jenkins, William Lawes, John Playford, Matthew Locke... et aussi celles d’auteurs anonymes élisabéthains ou jacobites. Mais c’est avec la découverte de manuscrits, comme celui du Manchester Gamba Book avec plus de 30 différentes manières d’accorder la viole (tuning ou scordatura), et très précisément les Bagpipe tunings, que j’ai commencé à réaliser qu’il y avait aussi pour la viole de véritables rapports avec une ancienne tradition celtique qui avait été oubliée comme on avait oublié l’existence même de l’instrument après la mort des derniers violistes (comme K. F. Abel qui de son vivant étonnait par la beauté et l’expressivité de ses improvisations à la viole de gambe). C’est Burney qui écrit : « I have heard him modulate in private on his six-stringed base with such practical readiness and depth of science, as astonished the late Lord Kelly and Bach, as much as myself. » (Je l’ai entendu moduler en privé sur sa basse à six cordes avec une telle facilité et une telle profondeur d’érudition, qu’il étonna feu Lord Kelly et Bach autant que moi-même).
Pendant ces dernières années, j’ai commencé à étudier d’abord les recueils du XVIIe siècle, contenant des musiques écossaises et irlandaises, et tout de suite j’ai découvert l’extraordinaire richesse des principales collections de musique celtique : comme celles qui ont été recueillies par George Farquhar Graham The Songs of Scotland (Edinburgh, 1848), George Petrie Complete Collection of Irish Music (London, 1852, rééditée en 1902-1905), William Bradbury Ryan’s Mammoth Collection (Boston, 1883), O’Neill Music Of Ireland (New York, 1903) et The Dance Music Of Ireland (New York, 1907); P.W. Joyce Old Irish Folk Music and Songs (Londres 1909), James Hunter The Fiddle Music Of Scotland (Edinburgh, 1979), Alastair J. Hardie The Caledonian Companion (Edinburgh, 1981), Aloys Fleischmann Sources Of Irish Traditional Music, c. 1600-1855 (New York et Londres 1998), entre autres.
Tout d’abord, j’ai été surpris de constater une telle abondance de matériel historique documenté car l’ensemble de toutes ces collections totalise plus de 10.000 œuvres ! Toutes de grande qualité artistique. J’ai trouvé aussi très intéressant de découvrir que certaines mélodies celtiques, avaient des figures très semblables à d’anciens chants de la Catalogne, comme celles qu’il y a entre « Le Testament d’Amélie » et « Màiri Bhàn Òg ». Mais la tâche la plus difficile a été celle de limiter la sélection des musiques (pour le CD) à une trentaine de pièces les plus représentatives, provenant d’époques et d’origines différentes, ainsi que celle de choisir les différents « tunings » adaptés à chaque type de musique. Pour cela, j’ai choisi de commencer par le répertoire jouable avec le dessus de viole, en utilisant trois différents instruments : une vielle du XVIe siècle pour les pièces les plus anciennes, et deux dessus de viole de Nicholas Chappuy, l’une à 5 cordes de 1730 et l’autre à 6 cordes de 1750, accordées en différentes « scordature ». Je choisis de présenter un total de 29 pièces, desquelles 12 sont jouées avec la viole seule, et 17 accompagnées par la harpe irlandaise et le psaltérion d’Andrew Lawrence-King, qui a réalisé tous les accompagnements en improvisant et suivant les informations d’époque et les pratiques traditionnelles. C’est une approche volontairement sobre, pour mieux montrer que tout l’essentiel de ces musiques se trouve en elles-mêmes, dans la force et la magie de leur discours musical. Je suis aussi très conscient de l’énorme distance qu’il peut y avoir entre le jeu d’un musicien qui est né avec cette musique et celui d’un autre qui a dû l’apprendre durant quelques années et qui sait qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre. J’espère seulement que mon expérience avec les musiques de la Renaissance et du Baroque m’auront permis de donner une vision différente de celles qu’on entend dans les traditions modernes. Enfin cet enregistrement est surtout un hommage fervent à cet art de la transmission, au talent de tous ces musiciens qui ont créé ce merveilleux patrimoine et aussi à tous les autres, non moins importants, qui ont su le transmettre de génération en génération, pour le garder pleinement vivant.
La musique exprime et prolonge ce que la parole ne peut plus dire, et le temps filtre et nettoie ces mélodies transmises par tradition orale, de tout ce qui n’est pas essentiel. C’est ainsi que toutes ces musiques, d’auteurs le plus souvent restés anonymes, sont devenues, grâce à leur vitalité, beauté, émotion et charme, indispensables à la célébration des moments les plus marquants des différentes étapes de la vie quotidienne et de la vie de l’homme. Chansons pour vaincre la tristesse ou célébrer les bonnes nouvelles, danses pour fêter les moments de bonheur et de joie, plaintes pour surmonter la perte d’un être cher ou le souvenir d’un fait malheureux, toutes ces œuvres merveilleuses, mais néanmoins fragiles, représentent l’apport sensible et le plus personnel de cultures, souvent marginalisées ou persécutées, à l’histoire de la création musicale. Elles restent et resteront dans nos cœurs, comme les voix véritables et l’esprit essentiel d’une civilisation qui a su et sait garder vivante grâce à la musique, la mémoire et l’âme de son identité historique.
JORDI SAVALL
Bellaterra, 20 de Février 2009
Date et lieu d'enregistrement : 25 and 26 June, 7 and 8 September, 6 and 7 October, 2008 Monastery of Sant Pere de Ribes (Catalonia)
Formats disponibles : SACD hybride stereo and multichannel
Langues du livret : ENGLISH
Date de parution : 23/03/2009
I
1. The Musical Priest / Scotch Mary Traditional Irish 3’42
2. Caledonia’s Wail for Niel Gow Simon Fraser (1816 Collection) 3’52
3. The Humours of Scariff Traditional Irish 2’07
II
4. Alastair MacAlastair Strathspey by Nathaniel Gow 2’12
5. Tom Brigg’s, Jig Ryan’s Mammoth Collection 1’07
6. The Globby O, Jig Ryan’s Mammoth Collection 1’58
7. Lord Moira’s & Jinrikisha Ryan’s Mammoth Collection 1’34
8. Sackow’s (Jig) Traditional Irish 1’44
III
9. Hard is my Fate Traditional Scottish 3’01
10. Chapel Keithack William Marshall (1822 Collection) 3’14
11. Gudewife, Admit the Wanderer Simon Fraser (1816 Collection) 2’47
IV
12. Macpherson’s Lament James Macpherson (ca.1675-1700) 2’55
13. Tullochgorum Traditional Scottish Reel 1’31
14. Pretty Peggy Traditional Scottish 1’14
V
15. Twas within a furlong of Edinburgh Town H. Playford’s Dancing Master 1696 2’32
16. Màiri Bhàn Òg: Mary Young & fair Simon Fraser (1816 Collection) 4’28
17. Dowd’s Reel Traditional Irish 2’46
VI
18. Lady Mary Hay’s Scots Measure Scottish Dance 2’23
19. Carolan’s Farewell O’Carolan (1670-1738) 4’07
20. Gusty’s Frolics Donegal Tradition 1’51
21. Emigrants Reel Ryan’s Mammoth Collection 1’49
VII
22. The Lamentations of Owen Roe O’Neill O’Carolan 2’42
23. Princess Beatrice W.B. Laybourn (1835-1886) Book III 1’40
24. Prince Charlie’s Last view of Edinburgh Traditional Scottish 3’25
25. Trip it Upstairs (Single Jig) Traditional Irish 2’21
VIII
26. Mrs. McPherson of Gibton William Marshall (1822 Collection) 1’50
27. Tuttle’s Traditional Irish 2’59
28. Lament for the Death of his Second Wife Niel Gow 5’33
29. The Gander in the pratie hole Traditional Irish 1’46
07:11
The Sephardic Jews, scattered through the world after their expulsion from Spain in 1492, kept alive for centuries not only their language, Ladino, but an extraordinary repertory of "folk" songs, many of them quite sophisticated. As Ladino culture began to slowly fade away over the course of the 20th century, musicologists collected and transcribed these melodies from Ladino-speaking communities in Sarajevo, Sofia, Salonika, Smyrna, Jerusalem, and other cities. Beginning in the 1970s, these extraordinary songs were revived (to considerable excitement) for concert audiences--a revival sparked in large part by a 1976 recording by Hesperion XX. This now-legendary early music ensemble, renamed Hesperion XXI for the new century, has returned to the music of the Sephardic Diaspora with this beautifully produced and packaged release. Disc 1 contains eight songs performed lovingly by the magnetic Montserrat Figueras (who sings with an appropriately unstudied tone). The second disc includes eight more melodies performed instrumentally; the choice of instruments reflects the influence of the Muslim-ruled areas where the Sephardim settled with the oud, rebab, and qanun (Middle Eastern equivalents of the lute, fiddle, and dulcimer) performing alongside harps, lutes, flutes, and frame drums. (Inexplicably, however, the final track of this second CD--an improvisation for the sarod and tabla--sounds nice but feels completely foreign to the theme of this release.) It may have been more effective programming to mingle the vocal and instrumental tracks across the two CDs rather than segregating them.--Matthew Westphal
Savant mélange que les romances et musiques sépharades présentées par Jordi Savall sur ces deux CD défiant toute classification : musique savante, populaire, traditionnelle ? Savante pour certaines, de par leur ancienneté, de par le fait qu'elles faisaient déjà partie de recueils - donc, musique écrite ; populaire, par le caractère d'improvisation pure de certains morceaux - mais de Bach à Duruflé, qui n'a improvisé ? ; traditionnelle, par une certaine utilisation de l'instrumentarium classique nord-africain ou médiéval espagnol. Quoi qu'il en soit, il en résulte une suite de musiques de grand charme, extraordinairement diverses : rien d'étonnant, si l'on considère les innombrables influences auxquelles ont été soumises les Juifs expulsés de terre en terre. Et si la langue dans laquelle chante Montserrat Figueras est bien l'espagnol (certes archaïque, teinté de catalan, grec, arabe ou turc), la musique puise ses sources dans les cultures bulgare, roumaine, serbocroate, bosniaque, italienne, grecque, turque, arabe d'Afrique du Nord, et naturellement espagnole. Excellent livret d'accompagnement, fort bien documenté.
Les aventures et mésaventures du peuple juif qui, en provenance d'Espagne, a du se disséminer à travers diverses régions d'Europe et du nord de l'Afrique, ont été exprimées sous la forme de romances littéraires que l'on a pu entendre à l'époque même de l'expulsion (1492) : El moro de Antequera ou le Romance del Conde Olmos alternent dans ce premier CD de l'enregistrement avec d'autres, provenant du reste de l'Europe comme El rey de Francia ou Por qué llorax blanca Niña, originaires de Smyrne et de Sarajevo, respectivement. Sa thématique amoureuse et mélancolique est parfaitement reflétée dans le timbre particulier et la manière de chanter de Montserrat Figueras, accompagnée par d'excellents musiciens, tous spécialistes remarquables de leurs instruments, même si certains sont plus habitués à d'autres répertoires. Ces musiques et ces textes, transmis de manière orale, demandent une bonne dose d'imagination pour être portés sur disque - ce qui ne manque pas à Jordi Savall - afin de pouvoir remplir les parties vocales de préludes, interludes et postludes, qui enrichissent le résultat final.
Le second CD de l'album est dédié à des versions instrumentales de romances, à l'origine seulement vocales. Normalement, la partie vocale est confiée à l'un des instruments. On remarque particulièrement l'extrême douceur et le phrasé excellent du flûtiste Pedro Memelsdorff, souvent suivi du luthiste Yair Dalad, qui se complètent parfaitement, tout comme les interventions progressives du tutti, et même la discrète percussion. On peut souligner les versions expressives avec flûte et percussion seules de A la una yo nací ou Yo era niña de casa alta, ainsi que les improvisations sur des thèmes vocaux (Axerico) ou simplement libres, dans lesquelles le travail du percussionniste Pedro Estevan est fondamental. JUAN CARLOS ASENSIO
Date et lieu d'enregistrement : en février, avril et mai 1999 au Chatêau de Cardona (Catalogne)
Formats disponibles : 2 CD Classique
Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
Date de parution : 01/12/1999
El moro de Antequera
Levantose el Conde Nino
El Rey de Francia
Por alli paso un cavallero
Por que llorax blanca nina
La guirnalda de rosas Nani, nani
El Rey que tanto madruga
Las estrellas de los cielos
En la santa Helena
A la una yo naci
Improvisacion
Paxarico tu te llamas
Longe de mi tu estaras
Hermoza muchachica
Axerico de quinze anos
Improvisacion sobre " Axerico "
Montserrat Figueras, chant
Hespèrion XXI
Direction: Jordi Savall
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The Sephardic Jews, scattered through the world after their expulsion from Spain in 1492, kept alive for centuries not only their language, Ladino, but an extraordinary repertory of "folk" songs, many of them quite sophisticated. As Ladino culture began to slowly fade away over the course of the 20th century, musicologists collected and transcribed these melodies from Ladino-speaking communities in Sarajevo, Sofia, Salonika, Smyrna, Jerusalem, and other cities. Beginning in the 1970s, these extraordinary songs were revived (to considerable excitement) for concert audiences--a revival sparked in large part by a 1976 recording by Hesperion XX. This now-legendary early music ensemble, renamed Hesperion XXI for the new century, has returned to the music of the Sephardic Diaspora with this beautifully produced and packaged release. Disc 1 contains eight songs performed lovingly by the magnetic Montserrat Figueras (who sings with an appropriately unstudied tone). The second disc includes eight more melodies performed instrumentally; the choice of instruments reflects the influence of the Muslim-ruled areas where the Sephardim settled with the oud, rebab, and qanun (Middle Eastern equivalents of the lute, fiddle, and dulcimer) performing alongside harps, lutes, flutes, and frame drums. (Inexplicably, however, the final track of this second CD--an improvisation for the sarod and tabla--sounds nice but feels completely foreign to the theme of this release.) It may have been more effective programming to mingle the vocal and instrumental tracks across the two CDs rather than segregating them.--Matthew Westphal
Savant mélange que les romances et musiques sépharades présentées par Jordi Savall sur ces deux CD défiant toute classification : musique savante, populaire, traditionnelle ? Savante pour certaines, de par leur ancienneté, de par le fait qu'elles faisaient déjà partie de recueils - donc, musique écrite ; populaire, par le caractère d'improvisation pure de certains morceaux - mais de Bach à Duruflé, qui n'a improvisé ? ; traditionnelle, par une certaine utilisation de l'instrumentarium classique nord-africain ou médiéval espagnol. Quoi qu'il en soit, il en résulte une suite de musiques de grand charme, extraordinairement diverses : rien d'étonnant, si l'on considère les innombrables influences auxquelles ont été soumises les Juifs expulsés de terre en terre. Et si la langue dans laquelle chante Montserrat Figueras est bien l'espagnol (certes archaïque, teinté de catalan, grec, arabe ou turc), la musique puise ses sources dans les cultures bulgare, roumaine, serbocroate, bosniaque, italienne, grecque, turque, arabe d'Afrique du Nord, et naturellement espagnole. Excellent livret d'accompagnement, fort bien documenté.
Les aventures et mésaventures du peuple juif qui, en provenance d'Espagne, a du se disséminer à travers diverses régions d'Europe et du nord de l'Afrique, ont été exprimées sous la forme de romances littéraires que l'on a pu entendre à l'époque même de l'expulsion (1492) : El moro de Antequera ou le Romance del Conde Olmos alternent dans ce premier CD de l'enregistrement avec d'autres, provenant du reste de l'Europe comme El rey de Francia ou Por qué llorax blanca Niña, originaires de Smyrne et de Sarajevo, respectivement. Sa thématique amoureuse et mélancolique est parfaitement reflétée dans le timbre particulier et la manière de chanter de Montserrat Figueras, accompagnée par d'excellents musiciens, tous spécialistes remarquables de leurs instruments, même si certains sont plus habitués à d'autres répertoires. Ces musiques et ces textes, transmis de manière orale, demandent une bonne dose d'imagination pour être portés sur disque - ce qui ne manque pas à Jordi Savall - afin de pouvoir remplir les parties vocales de préludes, interludes et postludes, qui enrichissent le résultat final.
Le second CD de l'album est dédié à des versions instrumentales de romances, à l'origine seulement vocales. Normalement, la partie vocale est confiée à l'un des instruments. On remarque particulièrement l'extrême douceur et le phrasé excellent du flûtiste Pedro Memelsdorff, souvent suivi du luthiste Yair Dalad, qui se complètent parfaitement, tout comme les interventions progressives du tutti, et même la discrète percussion. On peut souligner les versions expressives avec flûte et percussion seules de A la una yo nací ou Yo era niña de casa alta, ainsi que les improvisations sur des thèmes vocaux (Axerico) ou simplement libres, dans lesquelles le travail du percussionniste Pedro Estevan est fondamental. JUAN CARLOS ASENSIO
Date et lieu d'enregistrement : en février, avril et mai 1999 au Chatêau de Cardona (Catalogne)
Formats disponibles : 2 CD Classique
Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
Date de parution : 01/12/1999
El moro de Antequera
Levantose el Conde Nino
El Rey de Francia
Por alli paso un cavallero
Por que llorax blanca nina
La guirnalda de rosas Nani, nani
El Rey que tanto madruga
Las estrellas de los cielos
En la santa Helena
A la una yo naci
Improvisacion
Paxarico tu te llamas
Longe de mi tu estaras
Hermoza muchachica
Axerico de quinze anos
Improvisacion sobre " Axerico "
Montserrat Figueras, chant
Hespèrion XXI
Direction: Jordi Savall
03:27
This is a recording of great interest, for which Jordi Savall merits the thanks of anyone curious to know more about medieval music. Provided, that is, that he knows that what he hears is purely conjectural. In the absence of sufficiently detailed written descriptions and the whole present-day rapidly developing skills and techniques associated with the art of recording, how can one possibly know how music might have sounded at the end of the 12th century and up to the first quarter of the 14th?
There is much repetition, but constant variation gives life to the whole manner of performance, especially when brought to us through the excellent playing and direction ofJordi Savall. Indeed, many of the melodies are hauntingly beautiful in their simplicity. Savall catches the spirit of this and adds his own discoveries. Most of the Danses start with a sedate, somewhat formal introduction, leading more often than not to a brisk, "no nonsense" andante. Music for dancing involves the pitch and volume of sound, but there is one other essential quality that must be taken into account: namely movement. In the case of the Estampies & Danses Royals very little imagination is required to picture in one's mind the ending of one piece and the beginning of the next, with its own particular features of social decorum. Highly recommended.-- Mary Berry, Gramophone [6/2008]
Jordi Savall, a gentlemanly Catalonian lutenist with the beard and demeanor of a TV philosopher, has the gift of resurrection. In his latest recording, he has performed the miracle on a suite of subtle but rollicking medieval dances called estampies. It's hard to imagine that anything so antique could sound so vibrant and spry. Most classical music is written by the deceased, but the melodies contained in a late 13th century tome known as Le manuscript du roi are deader than most. We don't really have to divine how a Brahms piano quartet should go: we can read his manuscript, try out the instruments he touched, read his letters and rely on a continuous legacy of commentary and advice. Playing music that is seven hundred years old requires far more laborious research, spiked with generous amounts of intuition. You can assemble a whole orchestra of genuine reproduction viols, shawms, lutes and psalteries, but you still need invent a way to whip them into music.
Savall and his crack team of scholar/performers called Hespèrion XXI have made a recording so rhythmically buoyant, so brilliantly hued and so compellingly phrased that it's hardly worth asking whether it's also historically accurate. In a sense, that question has little meaning, because true accuracy is unverifiable. The source manuscript contains melodies without any clue about tempo, instrumentation, character, accompaniment, or ornamentation. To play the tunes strictly as written would be to produce the musical equivalent of a robot-voiced answering machine. So performers scrutinize medieval treatises, paintings and artifacts — and then emulsify all that erudition with their own fantasy and late modern musicality. So, for instance, Savall has the Seventh Royal Estampie ("La Septime Estampie Real") open with a proclamatory bell, and then a bagpipe winding sinuously over a steady drone. The effect is processional, as if the tune were walking slowly down a high-ceilinged hallway. The piece soon throws open the doors onto a festive dance, and the weave of pluckings, tinklings and hummings is so intricate that the ear forgets it's listening to a single melodic line. The art of playing medieval music sometimes lies in making it sound more complex than it is.
Savall's performances are ravishingly idiosyncratic, and I suspect they don't bear much resemblance to those of ca. 1280. If they did, we might find them impossible to listen to, just as we might gag at the overspiced food that so delighted medieval royalty. To perform these dances well means to choose a form of creative betrayal, and then pursue it with righteous zeal.
How does Jordi Savall come by these ancient manuscripts? This latest one, a collection of French dances (estampies) from the 13th century Le Manuscrit du Roi, was discovered in 1907 by French musicologist Pierre Aubry. For the last hundred years bits and pieces of it were adapted by various academic and performing groups. But this is the first complete edition. Using his “historically creative performance” method, Savall arranged it all in a vibrant, beguiling, and energetic fashion. Of course pitch and instruments are not specified in the lovely source text, so a medieval-music arranger like Savall must actually be more of a composer than one who arranges modern music.
For the most part, these fifteen pieces are highly rhythmic and infectiously melodic. Some, like La Sexte Estampie Real, begin with an arrhythmic taxeem and suddenly bloom into a whirling dance; others like La Ultime Estampie Real sit out the dance and dwell in less rhythmic realms. All are astoundingly beautiful. One of them, Dansse Real, plunges so deeply into the well of melancholy that you wonder what pangs the composer must have endured to have spun it out. (See if you can play it just once.)
As usual, Savall’s SACD engineering is flawless and imparts a “right-in-the-room” presence to the musicians. Like Michael Praetorius’ Terpsichore collection two hundred years later, Manuscrit du Roi evokes images of dancing townspeople and prancing courtiers. It seems both demotic and democratic. And it has a purpose. In the words of Jean de Grouchy an estampie “totally absorbs the performer and the listener, and often distracts the minds of the rich from wicked thoughts.” I had no wicked thoughts before hearing this collection, but I did wish that Savall had translated the program list and instrumental assignments, as he did the essays he and David Fallows wrote. Singer Montserrat Figueras had something to do on this instrumental disc, playing the ancient Citra - similar to the modern zither.-- - Peter Bates
Nous sommes à l’aube du XXIe siècle, donc ce sont bien plus de sept siècles qui nous séparent de l’époque où ces musiques fascinantes furent créées et jouées. Toujours envoûtantes dans leur mystérieuse et vitale beauté, elles sont aussi parmi les musiques instrumentales du Moyen Age les plus anciennes, conservées grâce à une source écrite d’époque. Aujourd’hui, elles nous surprennent et nous touchent pleinement, grâce à leur pulsation rythmique et à leur magie poétique qui, malgré les sept cents ans d’amnésie qui les séparent de nous, sont restées étonnamment perceptibles et captivantes. Le grand siècle de Saint-Louis touche à sa fin, c’est alors Philippe IV dit « le Bel » qui est le roi de France (1285-1314) ; effectivement c’est le type même d’écriture et de notation qui nous confirme que c’est probablement vers la fin de ce XIIIe siècle, ou tout ou plus vers 1310, que la main d’un musicien anonyme a décidé de copier dans ce beau « Manuscrit du Roi » (mss. français 844 de la BN appelé aussi « Chansonnier du Roi »), ces ESTAMPIES ET DANSES ROYALES, que nous avons restaurées et ré-interprétées intégralement avec les instruments d’époque à l’occasion de ce nouvel enregistrement.
Malgré l’importance et la rareté de cette source, il faut attendre jusqu’en 1907 pour que se réalise la découverte moderne de ces ESTAMPIES ET DANSES ROYALES, avec la publication, par le musicologue français Pierre Aubry, de son intéressante étude musicologique, qu’il sous-titrait « Les plus anciens textes de musique instrumentale au Moyen Age », incluant le fac-simile et la transcription de l’intégralité de ces oeuvres. Depuis lors, ces musiques ont été interprétées et jouées en de nombreuses occasions, en concerts et en enregistrements, où par des groupes plus ou moins spécialisés dans le répertoire médiéval, mais la plupart du temps, en pièces isolées et mélangées avec différentes musiques vocales de l’époque.
Notre choix d’une édition intégrale se justifie non seulement par la grande singularité et l’importance de ce recueil, mais surtout par la beauté et l’énergie vitale qui émanent de ces musiques apparemment très archaïques mais, en fin de compte, véritablement modernes par leur caractère « improvisatoire » et leurs structure et conception géniales. Puisque notre responsabilité se situe clairement dans le domaine de ce qu’on peut définir comme « l’interprétation historiquement créative », nous n’entrerons pas dans les différents aspects musicologiques et historiques magistralement présentés par l’intéressant article de David Fallows qui accompagne aussi cet enregistrement.
L’approche artistique de l’interprétation d’une source musicale aussi ancienne et surtout si vierge de toute indication musicale –puisqu’elle ne porte aucune indication pouvant nous éclairer objectivement sur le tempo, les instruments, la fonction, le caractère, l’ornementation, etc.– (et surtout dans le cas de « La Prime Estampie » qui est incomplète), présente des difficultés et des défis considérables, qui nous obligent à des choix forcément très personnels, donc à priori très subjectifs. Cela dit, les termes personnels et subjectifs de cette démarche ne sont pas incompatibles avec une recherche musicologique, organologique et historique rigoureuse et approfondie. Tout au contraire, sans eux, on resterait plutôt dans le domaine de l’archéologie, ce qui nous empêcherait d’appréhender la réelle dimension originale et artistique d’oeuvres certainement d’autrefois, mais qui restent toujours bien vivantes et fascinantes même après les plus de sept cents ans passés.
Nos choix d’instrumentation, de caractère, de tempo, d’ornementation et d’improvisation, ont été faits après l’étude des principales sources historiques contemporaines du manuscrit. Ils ont été faits aussi après avoir consulté les nombreux textes qui nous parlent de l’Estampie ou des instruments joués selon les écrits poétiques de l’époque, comme les Leys d’Amors qui nous parlent des « Cil vieleur vielent lais Canconnetez et estampiez » ou des « Menestrel de viele (qui) ont une estampie nouvelle ». Nous avons aussi et surtout tenu compte des nombreuses informations théoriques et pratiques contenues dans les principaux traités de l’époque, tel que celui de De Musica, publié par le grand théoricien de la musique Jean de Grouchy, le parisien connu surtout comme Johannes de Grocheo (c. 1255 – c. 1320).
Tout ceci doit être assumé dans le plus grand souci de rendre à ces musiques toute leur richesse et leur fraîcheur implicite, à travers une approche qui veut récupérer le rôle créatif des ménestrels. Des musiciens capables non seulement « d’interpréter » mais aussi de « créer » avec leurs vielles à archet et leurs vielles à roue, leurs luths, leurs psaltérions, leurs flûtes, musettes et chalemies ainsi que leurs percussions, un véritable discours et un dialogue musical, grâce à leur maîtrise dans l’art de l’ornementation et de l’improvisation. Pour donner une respiration à l’écoute suivie de ces Danses et Estampies Royales, nous avons intercalé entre elles quatre oeuvres plus anciennes, où nous interprétons en version instrumentale « ex tempore » des chansons de Troubadours, d’auteurs comme Giraut de Borneill (1175-1220), Marcabru (1128-1150) et Rimbaut de Vaqueiras (1150-1207). Ce dernier composa, (selon le biographe de son temps) sa chanson Kalenda maya sur « las notas de la’stampida quel joglar fasion en las violas ». Ceci nous permet de refaire le chemin inverse : c’est la chanson qui nous aide à retrouver l’Estampie originale qui a servi de modèle à la chanson de Rimbaut.
Laissons pour finir la parole au témoin musical le plus important de l’époque, le même Jean de Grouchy (Johannes de Grocheo), qui nous explique ce que c’est que « L’Estampie », ce à quoi elle peut servir, et même quels peuvent être les effets bénéfiques de sa pratique :“La stanpite est une composition musicale sans parole ayant une progression mélodique compliquée (habens difficiles concordantiarum discretionem) et divisée en points (puncti). À cause de sa difficulté, il occupe entièrement l’esprit de l’exécutant et de l’auditeur, et souvent il distrait l’esprit des riches de mauvaises pensées”. On retrouve toujours la conviction profonde de ces ménestrels et musiciens poètes, qui savaient déjà tout le pouvoir que peut avoir la musique dans l’éducation de l’Homme.--JORDI SAVALL, Paris, Janvier 2008
Date et lieu d'enregistrement : 29 Août au 2 Septembre 2007 Monestir de Santes Creus (Catalogne)
Date de parution : 07/02/2008
1 DANSE [I] 4’03
2 LA PRIME ESTAMPIE ROYAL 4’46
3 ESTAMPIE ANCIENNE : Kalenda maya 2’56
Raimbaut de Vaqueiras (ca.1150-1207)
4 LA SECONDE ESTAMPIE ROYAL 4’17
5 LA TIERCHE ESTAMPIE ROIAL 4’49
6 CHANSON : No puesc sofrir c’a la dolor 4’46
Giraut de Borneill (1175-1220)
7 LA QUARTE ESTAMPIE ROYAL 4’46
8 LA QUINTE ESTAMPIE REAL 5’23
9 ESTAMPIE ANCIENNE : No m’agrad’iverns 5’49
Raimbaut de Vaqueiras
10 DANSE (II) 5’00
11 LA SEXTE ESTAMPIE REAL 3’36
12 LA SEPTIME ESTAMPIE REAL 6’18
13 PLANCTUS : Pax! in nomini Domini!
Marcabru (1128-1150) 6’26
14 LA UITIME ESTAMPIE REAL 4’34
15 DANSSE REAL 4’24
Versions musicales Jordi Savall
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This is a recording of great interest, for which Jordi Savall merits the thanks of anyone curious to know more about medieval music. Provided, that is, that he knows that what he hears is purely conjectural. In the absence of sufficiently detailed written descriptions and the whole present-day rapidly developing skills and techniques associated with the art of recording, how can one possibly know how music might have sounded at the end of the 12th century and up to the first quarter of the 14th?
There is much repetition, but constant variation gives life to the whole manner of performance, especially when brought to us through the excellent playing and direction ofJordi Savall. Indeed, many of the melodies are hauntingly beautiful in their simplicity. Savall catches the spirit of this and adds his own discoveries. Most of the Danses start with a sedate, somewhat formal introduction, leading more often than not to a brisk, "no nonsense" andante. Music for dancing involves the pitch and volume of sound, but there is one other essential quality that must be taken into account: namely movement. In the case of the Estampies & Danses Royals very little imagination is required to picture in one's mind the ending of one piece and the beginning of the next, with its own particular features of social decorum. Highly recommended.-- Mary Berry, Gramophone [6/2008]
Jordi Savall, a gentlemanly Catalonian lutenist with the beard and demeanor of a TV philosopher, has the gift of resurrection. In his latest recording, he has performed the miracle on a suite of subtle but rollicking medieval dances called estampies. It's hard to imagine that anything so antique could sound so vibrant and spry. Most classical music is written by the deceased, but the melodies contained in a late 13th century tome known as Le manuscript du roi are deader than most. We don't really have to divine how a Brahms piano quartet should go: we can read his manuscript, try out the instruments he touched, read his letters and rely on a continuous legacy of commentary and advice. Playing music that is seven hundred years old requires far more laborious research, spiked with generous amounts of intuition. You can assemble a whole orchestra of genuine reproduction viols, shawms, lutes and psalteries, but you still need invent a way to whip them into music.
Savall and his crack team of scholar/performers called Hespèrion XXI have made a recording so rhythmically buoyant, so brilliantly hued and so compellingly phrased that it's hardly worth asking whether it's also historically accurate. In a sense, that question has little meaning, because true accuracy is unverifiable. The source manuscript contains melodies without any clue about tempo, instrumentation, character, accompaniment, or ornamentation. To play the tunes strictly as written would be to produce the musical equivalent of a robot-voiced answering machine. So performers scrutinize medieval treatises, paintings and artifacts — and then emulsify all that erudition with their own fantasy and late modern musicality. So, for instance, Savall has the Seventh Royal Estampie ("La Septime Estampie Real") open with a proclamatory bell, and then a bagpipe winding sinuously over a steady drone. The effect is processional, as if the tune were walking slowly down a high-ceilinged hallway. The piece soon throws open the doors onto a festive dance, and the weave of pluckings, tinklings and hummings is so intricate that the ear forgets it's listening to a single melodic line. The art of playing medieval music sometimes lies in making it sound more complex than it is.
Savall's performances are ravishingly idiosyncratic, and I suspect they don't bear much resemblance to those of ca. 1280. If they did, we might find them impossible to listen to, just as we might gag at the overspiced food that so delighted medieval royalty. To perform these dances well means to choose a form of creative betrayal, and then pursue it with righteous zeal.
How does Jordi Savall come by these ancient manuscripts? This latest one, a collection of French dances (estampies) from the 13th century Le Manuscrit du Roi, was discovered in 1907 by French musicologist Pierre Aubry. For the last hundred years bits and pieces of it were adapted by various academic and performing groups. But this is the first complete edition. Using his “historically creative performance” method, Savall arranged it all in a vibrant, beguiling, and energetic fashion. Of course pitch and instruments are not specified in the lovely source text, so a medieval-music arranger like Savall must actually be more of a composer than one who arranges modern music.
For the most part, these fifteen pieces are highly rhythmic and infectiously melodic. Some, like La Sexte Estampie Real, begin with an arrhythmic taxeem and suddenly bloom into a whirling dance; others like La Ultime Estampie Real sit out the dance and dwell in less rhythmic realms. All are astoundingly beautiful. One of them, Dansse Real, plunges so deeply into the well of melancholy that you wonder what pangs the composer must have endured to have spun it out. (See if you can play it just once.)
As usual, Savall’s SACD engineering is flawless and imparts a “right-in-the-room” presence to the musicians. Like Michael Praetorius’ Terpsichore collection two hundred years later, Manuscrit du Roi evokes images of dancing townspeople and prancing courtiers. It seems both demotic and democratic. And it has a purpose. In the words of Jean de Grouchy an estampie “totally absorbs the performer and the listener, and often distracts the minds of the rich from wicked thoughts.” I had no wicked thoughts before hearing this collection, but I did wish that Savall had translated the program list and instrumental assignments, as he did the essays he and David Fallows wrote. Singer Montserrat Figueras had something to do on this instrumental disc, playing the ancient Citra - similar to the modern zither.-- - Peter Bates
Nous sommes à l’aube du XXIe siècle, donc ce sont bien plus de sept siècles qui nous séparent de l’époque où ces musiques fascinantes furent créées et jouées. Toujours envoûtantes dans leur mystérieuse et vitale beauté, elles sont aussi parmi les musiques instrumentales du Moyen Age les plus anciennes, conservées grâce à une source écrite d’époque. Aujourd’hui, elles nous surprennent et nous touchent pleinement, grâce à leur pulsation rythmique et à leur magie poétique qui, malgré les sept cents ans d’amnésie qui les séparent de nous, sont restées étonnamment perceptibles et captivantes. Le grand siècle de Saint-Louis touche à sa fin, c’est alors Philippe IV dit « le Bel » qui est le roi de France (1285-1314) ; effectivement c’est le type même d’écriture et de notation qui nous confirme que c’est probablement vers la fin de ce XIIIe siècle, ou tout ou plus vers 1310, que la main d’un musicien anonyme a décidé de copier dans ce beau « Manuscrit du Roi » (mss. français 844 de la BN appelé aussi « Chansonnier du Roi »), ces ESTAMPIES ET DANSES ROYALES, que nous avons restaurées et ré-interprétées intégralement avec les instruments d’époque à l’occasion de ce nouvel enregistrement.
Malgré l’importance et la rareté de cette source, il faut attendre jusqu’en 1907 pour que se réalise la découverte moderne de ces ESTAMPIES ET DANSES ROYALES, avec la publication, par le musicologue français Pierre Aubry, de son intéressante étude musicologique, qu’il sous-titrait « Les plus anciens textes de musique instrumentale au Moyen Age », incluant le fac-simile et la transcription de l’intégralité de ces oeuvres. Depuis lors, ces musiques ont été interprétées et jouées en de nombreuses occasions, en concerts et en enregistrements, où par des groupes plus ou moins spécialisés dans le répertoire médiéval, mais la plupart du temps, en pièces isolées et mélangées avec différentes musiques vocales de l’époque.
Notre choix d’une édition intégrale se justifie non seulement par la grande singularité et l’importance de ce recueil, mais surtout par la beauté et l’énergie vitale qui émanent de ces musiques apparemment très archaïques mais, en fin de compte, véritablement modernes par leur caractère « improvisatoire » et leurs structure et conception géniales. Puisque notre responsabilité se situe clairement dans le domaine de ce qu’on peut définir comme « l’interprétation historiquement créative », nous n’entrerons pas dans les différents aspects musicologiques et historiques magistralement présentés par l’intéressant article de David Fallows qui accompagne aussi cet enregistrement.
L’approche artistique de l’interprétation d’une source musicale aussi ancienne et surtout si vierge de toute indication musicale –puisqu’elle ne porte aucune indication pouvant nous éclairer objectivement sur le tempo, les instruments, la fonction, le caractère, l’ornementation, etc.– (et surtout dans le cas de « La Prime Estampie » qui est incomplète), présente des difficultés et des défis considérables, qui nous obligent à des choix forcément très personnels, donc à priori très subjectifs. Cela dit, les termes personnels et subjectifs de cette démarche ne sont pas incompatibles avec une recherche musicologique, organologique et historique rigoureuse et approfondie. Tout au contraire, sans eux, on resterait plutôt dans le domaine de l’archéologie, ce qui nous empêcherait d’appréhender la réelle dimension originale et artistique d’oeuvres certainement d’autrefois, mais qui restent toujours bien vivantes et fascinantes même après les plus de sept cents ans passés.
Nos choix d’instrumentation, de caractère, de tempo, d’ornementation et d’improvisation, ont été faits après l’étude des principales sources historiques contemporaines du manuscrit. Ils ont été faits aussi après avoir consulté les nombreux textes qui nous parlent de l’Estampie ou des instruments joués selon les écrits poétiques de l’époque, comme les Leys d’Amors qui nous parlent des « Cil vieleur vielent lais Canconnetez et estampiez » ou des « Menestrel de viele (qui) ont une estampie nouvelle ». Nous avons aussi et surtout tenu compte des nombreuses informations théoriques et pratiques contenues dans les principaux traités de l’époque, tel que celui de De Musica, publié par le grand théoricien de la musique Jean de Grouchy, le parisien connu surtout comme Johannes de Grocheo (c. 1255 – c. 1320).
Tout ceci doit être assumé dans le plus grand souci de rendre à ces musiques toute leur richesse et leur fraîcheur implicite, à travers une approche qui veut récupérer le rôle créatif des ménestrels. Des musiciens capables non seulement « d’interpréter » mais aussi de « créer » avec leurs vielles à archet et leurs vielles à roue, leurs luths, leurs psaltérions, leurs flûtes, musettes et chalemies ainsi que leurs percussions, un véritable discours et un dialogue musical, grâce à leur maîtrise dans l’art de l’ornementation et de l’improvisation. Pour donner une respiration à l’écoute suivie de ces Danses et Estampies Royales, nous avons intercalé entre elles quatre oeuvres plus anciennes, où nous interprétons en version instrumentale « ex tempore » des chansons de Troubadours, d’auteurs comme Giraut de Borneill (1175-1220), Marcabru (1128-1150) et Rimbaut de Vaqueiras (1150-1207). Ce dernier composa, (selon le biographe de son temps) sa chanson Kalenda maya sur « las notas de la’stampida quel joglar fasion en las violas ». Ceci nous permet de refaire le chemin inverse : c’est la chanson qui nous aide à retrouver l’Estampie originale qui a servi de modèle à la chanson de Rimbaut.
Laissons pour finir la parole au témoin musical le plus important de l’époque, le même Jean de Grouchy (Johannes de Grocheo), qui nous explique ce que c’est que « L’Estampie », ce à quoi elle peut servir, et même quels peuvent être les effets bénéfiques de sa pratique :“La stanpite est une composition musicale sans parole ayant une progression mélodique compliquée (habens difficiles concordantiarum discretionem) et divisée en points (puncti). À cause de sa difficulté, il occupe entièrement l’esprit de l’exécutant et de l’auditeur, et souvent il distrait l’esprit des riches de mauvaises pensées”. On retrouve toujours la conviction profonde de ces ménestrels et musiciens poètes, qui savaient déjà tout le pouvoir que peut avoir la musique dans l’éducation de l’Homme.--JORDI SAVALL, Paris, Janvier 2008
Date et lieu d'enregistrement : 29 Août au 2 Septembre 2007 Monestir de Santes Creus (Catalogne)
Date de parution : 07/02/2008
1 DANSE [I] 4’03
2 LA PRIME ESTAMPIE ROYAL 4’46
3 ESTAMPIE ANCIENNE : Kalenda maya 2’56
Raimbaut de Vaqueiras (ca.1150-1207)
4 LA SECONDE ESTAMPIE ROYAL 4’17
5 LA TIERCHE ESTAMPIE ROIAL 4’49
6 CHANSON : No puesc sofrir c’a la dolor 4’46
Giraut de Borneill (1175-1220)
7 LA QUARTE ESTAMPIE ROYAL 4’46
8 LA QUINTE ESTAMPIE REAL 5’23
9 ESTAMPIE ANCIENNE : No m’agrad’iverns 5’49
Raimbaut de Vaqueiras
10 DANSE (II) 5’00
11 LA SEXTE ESTAMPIE REAL 3’36
12 LA SEPTIME ESTAMPIE REAL 6’18
13 PLANCTUS : Pax! in nomini Domini!
Marcabru (1128-1150) 6’26
14 LA UITIME ESTAMPIE REAL 4’34
15 DANSSE REAL 4’24
Versions musicales Jordi Savall
00:53
The technology at our command, the electronic images we see every day, the ease and swiftness of world travel and communication has left modern humans with a waning sense of awe. We can argue about who was or is better off, but for 17th century Europeans, awe-inspiring events happened with some regularity. Pageantry was one of the more effective and popular means to impress a congregation, and there was nothing like a huge celebration in a massive cathedral to remind each person of his place in the grand scheme.
Composer Heinrich Biber, who was in charge of the music at the great Salzburg Cathedral in the late 17th century, really rose to such an occasion in 1682 when he composed his monumental 53-voice Missa Salisburgensis to celebrate the anniversary of the founding of the Salzburg archbishopric. This work (recorded a couple of years ago by Paul McCreesh for Archiv) must have raised its audience from its collective seat with the sheer power of its performing forces and Biber's all-stops-open scoring that fully exploits the varied timbres and textures of brass, strings, and voices. It doesn't take long to realize that, with the Missa Bruxellensis, he's done it again, only this time, he employs "only" 23 voices. Remarkably, the occasion for which this work was written is not certain--its name refers only to where the manuscript was found--but its date of composition was probably around 1700. (In fact, the composer of these two masses isn't even absolutely certain, but modern scholarship has all but determined that they are the work of Biber.)
Importantly, the work's impact is best realized not just by duplicating the required number of performers, but by positioning them properly in the cathedral for which the work was designed. This world premiere recording tries to do just that, placing the five different groups of singers and instrumental choirs exactly where they would have stood 300 years ago. To say the least, hearing walls of sound hurled from one choir to its counterpart in the loft across the aisle, mixing with the rising tones from the orchestra below, joined by four organs and two ensembles of winds and brass, all resonating for long seconds throughout the soaring Salzburg Cathedral nave is a memorable experience. This is music on the grandest imaginable scale.
Of course, we know the effect loses something on a recording, but it's hard to complain about the results of this tremendous effort by Jordi Savall and his impressive cast of musicians and recording team. The huge echoing performing space dictated a more or less consistently homophonic texture, so the music doesn't offer much in the way of linear intricacy; however, there's considerable variety in the use of soloists and smaller concertato groups. The sound is vibrant and full-bodied, giving a real "feel" for the spacious environment and yet presenting voices and instruments with remarkable detail. To fully describe this recording event, we just may have to bring back the word "awesome".--David Vernier, ClassicsToday.com
Biber... Un siècle avant Mozart, Biber avait donné à Salzbourg son prestige musical. Il a laissé un héritage aussi original que grandiose. Jordi Savall nous propose dans ce nouveau disque l'enregistrement, en première mondiale, sur les lieux de sa création, de la Missa Bruxellensis, conçue et interprétée pour la Cathédrale de Salzbourg, le fameux " Dom ". La Missa Bruxellensis est une œuvre à 23 voix. Elle explose ici dans une féérie de couleurs et une amplitude de son magnifiques où chant, trompettes et orgues rivalisent de virtuosité pour se fondre dans l'exceptionelle résonance du lieu qui l'a vue naître. Un disque grandiose de musique sacrée.
Date et lieu d'enregistrement : du 22 au 25 mai 1999 en la cathédrale de Salzbourg à l'occasion du Pfingsten Barock Festival par Nicolas Bartholomée
Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
Date de parution : 01/09/1999
Missa Bruxellensis XXIII vocum
Kyrie
Gloria
Credo
Sanctus
Agnus Dei
Letizia Scherrer & Rugula Konrad, sopranos
Pascal Bertin & Carlos Mena, contreténors
Lambert Climent & Francesc Garrigosa, ténors
Daniele Carnovich & Yves Bergé, basse
La Capella Reial de Catalunya
Le Concert des Nations
Direction Jordi Savall
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4
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The technology at our command, the electronic images we see every day, the ease and swiftness of world travel and communication has left modern humans with a waning sense of awe. We can argue about who was or is better off, but for 17th century Europeans, awe-inspiring events happened with some regularity. Pageantry was one of the more effective and popular means to impress a congregation, and there was nothing like a huge celebration in a massive cathedral to remind each person of his place in the grand scheme.
Composer Heinrich Biber, who was in charge of the music at the great Salzburg Cathedral in the late 17th century, really rose to such an occasion in 1682 when he composed his monumental 53-voice Missa Salisburgensis to celebrate the anniversary of the founding of the Salzburg archbishopric. This work (recorded a couple of years ago by Paul McCreesh for Archiv) must have raised its audience from its collective seat with the sheer power of its performing forces and Biber's all-stops-open scoring that fully exploits the varied timbres and textures of brass, strings, and voices. It doesn't take long to realize that, with the Missa Bruxellensis, he's done it again, only this time, he employs "only" 23 voices. Remarkably, the occasion for which this work was written is not certain--its name refers only to where the manuscript was found--but its date of composition was probably around 1700. (In fact, the composer of these two masses isn't even absolutely certain, but modern scholarship has all but determined that they are the work of Biber.)
Importantly, the work's impact is best realized not just by duplicating the required number of performers, but by positioning them properly in the cathedral for which the work was designed. This world premiere recording tries to do just that, placing the five different groups of singers and instrumental choirs exactly where they would have stood 300 years ago. To say the least, hearing walls of sound hurled from one choir to its counterpart in the loft across the aisle, mixing with the rising tones from the orchestra below, joined by four organs and two ensembles of winds and brass, all resonating for long seconds throughout the soaring Salzburg Cathedral nave is a memorable experience. This is music on the grandest imaginable scale.
Of course, we know the effect loses something on a recording, but it's hard to complain about the results of this tremendous effort by Jordi Savall and his impressive cast of musicians and recording team. The huge echoing performing space dictated a more or less consistently homophonic texture, so the music doesn't offer much in the way of linear intricacy; however, there's considerable variety in the use of soloists and smaller concertato groups. The sound is vibrant and full-bodied, giving a real "feel" for the spacious environment and yet presenting voices and instruments with remarkable detail. To fully describe this recording event, we just may have to bring back the word "awesome".--David Vernier, ClassicsToday.com
Biber... Un siècle avant Mozart, Biber avait donné à Salzbourg son prestige musical. Il a laissé un héritage aussi original que grandiose. Jordi Savall nous propose dans ce nouveau disque l'enregistrement, en première mondiale, sur les lieux de sa création, de la Missa Bruxellensis, conçue et interprétée pour la Cathédrale de Salzbourg, le fameux " Dom ". La Missa Bruxellensis est une œuvre à 23 voix. Elle explose ici dans une féérie de couleurs et une amplitude de son magnifiques où chant, trompettes et orgues rivalisent de virtuosité pour se fondre dans l'exceptionelle résonance du lieu qui l'a vue naître. Un disque grandiose de musique sacrée.
Date et lieu d'enregistrement : du 22 au 25 mai 1999 en la cathédrale de Salzbourg à l'occasion du Pfingsten Barock Festival par Nicolas Bartholomée
Langues du livret : français, english, castellano, català, deutsch, italiano
Date de parution : 01/09/1999
Missa Bruxellensis XXIII vocum
Kyrie
Gloria
Credo
Sanctus
Agnus Dei
Letizia Scherrer & Rugula Konrad, sopranos
Pascal Bertin & Carlos Mena, contreténors
Lambert Climent & Francesc Garrigosa, ténors
Daniele Carnovich & Yves Bergé, basse
La Capella Reial de Catalunya
Le Concert des Nations
Direction Jordi Savall





